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Thierry Meyssan sur Bidhaine le ranazi et l’intelligence chinoise
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Cardinal de Hère
2021-02-23 14:57:35 UTC
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Analyse passionnante du grand reporter français. Comme disait le marquis
de Sade au révolutionnaire obtus : « Républicain, apprends à connaître
ton ennemi ! » :D

https://www.voltairenet.org/article212256.html

Biden et l’exploitation de la main d’œuvre chinoise
par Thierry Meyssan

L’administration Biden est animée par une idéologie fanatique empruntée
à des groupuscules de croyants de gauche. Elle est soutenue par deux
puissants lobbys : le complexe militaro-industriel d’une part et les
transnationales produisant en Chine de l’autre. Thierry Meyssan présente
ce lobby méconnu.

L’administration Biden n’adoptera de stratégie définitive face à son
rival chinois qu’en juin. Une commission ad hoc du Pentagone devra à ce
moment-là présenter des propositions à la Maison-Blanche.

Sous l’autorité du président Xi Jinping, la Chine a débuté son
déploiement hors de ses frontières. Elle a déjà placé 3 000 soldats au
sein des Forces des Nations unies, puis ouvert une base à Djibouti. En
toute logique elle devrait, comme à l’époque de l’historique route de la
soie, installer des postes militaires le long des routes qu’elle est en
train de construire pour sécuriser ses échanges internationaux. Enfin et
surtout, elle se réinstalle sur les îlots qu’elle avait abandonnés au
XIXème siècle en mer de Chine.

La Chine entend d’abord récupérer son espace vital dont elle a été
spoliée par les colons occidentaux. Elle est sûre de son droit et
considère que tous les coups lui sont permis pour prendre sa revanche.

Cependant, conformément à la stratégie exposée en 1999 par le général
Qiao Liang et le colonel Wang Xiangsui [1], la Chine entend éviter tout
affrontement militaire direct avec les États-Unis. Elle préfère
contourner son adversaire et s’est engagée dans des guerres
non-déclarées au plan commercial, économique, financier, psychologique,
médiatique etc.

L’irrédentisme chinois suppose de mettre dehors les Occidentaux qui
occupent depuis un siècle et demi l’Extrême-Orient. Il doit être
distingué de la stratégie de développement chinoise qui est parvenu en
quelques années à sortir de la pauvreté des centaines de millions de ses
citoyens.

La stratégie économique de la Nouvelle Chine a débuté en 1978 sous la
direction de Deng Xiaoping, mais elle n’a véritablement porté ses fruits
qu’à partir de 1994. À cette époque l’Union soviétique avait disparu ;
l’armée US avait été largement démobilisée ; le président Bush père
avait déclaré que le moment de faire de l’argent était venu et son
successeur, le président Clinton, avait été sollicité par de grandes
compagnies pour ouvrir le marché du travail chinois. En effet, un
ouvrier chinois, certes sans formation, coûtait environ 20 fois moins
qu’un ouvrier US.

Le président Clinton va donc découpler les négociations sur les Droits
de l’homme (au sens anglo-saxon) des questions commerciales. Puis, il va
faire entrer la Chine dans l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). En
quelques années, les grandes sociétés vont transférer leurs usines de
production sur la côte chinoise au bénéfice des consommateurs et au
détriment des ouvriers US.

Deux décennies plus tard, les États-uniens consomment massivement des
produits chinois tandis que leurs grandes entreprises, devenues
transnationales, ont vu leurs profits s’accroître exponentiellement.
Mais simultanément, les usines US de biens de consommation ont été
délocalisées ou ont fermé tandis que le chômage s’est répandu. La
répartition des richesses a été modifiée de sorte que désormais, il n’y
a presque plus de classe moyenne, mais surtout des pauvres et quelques
ultra-milliardaires.

Ce phénomène commence à toucher l’Europe quand les électeurs
états-uniens choisissent comme président Donald Trump. Celui-ci tente
d’abord de résoudre à l’amiable la question de la balance des paiements
avec la Chine (Border-adjustment tax), mais en est empêché par les
Démocrates et une partie des Républicains. Ne parvenant pas à faire
adopter une fermeture relative des frontières, il se lance dans une
guerre des tarifs douaniers dans laquelle le Congrès n’a pas son mot à dire.

En 2021, le président Biden lui succède officiellement. Il est soutenu
par les transnationales qui tirent leur immense fortune de la
globalisation économique. Immédiatement, il déclare vouloir normaliser
les relations états-uno-chinoises. Il appelle le président Xi Jinping
pour lui parler de la situation des Ouïghours et de Hong Kong, mais il
admet immédiatement que le Tibet et Taïwan sont chinois, ce que
contestait partiellement son prédécesseur. Surtout, lors d’une
conférence de presse, il a déclaré que chaque pays avait ses « propres
normes » et que les positions politiques de la Chine et des États-Unis
avaient chacune leur logique. Ainsi a-t-il pu dire, une fois à la
Maison-Blanche, qu’il « comprenait » la répression chinoise du
terrorisme ouïghour, alors qu’il accusait quelques semaines auparavant
la Chine de « génocide » du peuple ouïghour sous couvert de répression
du terrorisme.

Dans les quatre années à venir, l’administration Biden devrait donc
poursuivre l’œuvre des présidents Clinton, Bush fils et Obama, pour le
plus grand profit des multi-milliardaires et au détriment de son peuple.
Elle s’appuiera sur une classe dirigeante tirant des bénéfices
personnels de ce système.

De manière à comprendre ce dispositif, nous récapitulons les huit
principales personnalités soutenant l’alliance commerciale
états-uno-chinoise. D’abord au plan politique : une des principales
icônes démocrates et le chef des républicains au Sénat ; puis au plan
économique, les deux plus importants distributeurs de biens de
consommation ; enfin au plan gouvernemental, les décideurs de
l’administration Biden.


I. Les soutiens partisans

1. Dianne Feinstein

Maire de San Francisco (1978-88) ; sénatrice (depuis 1992).
Parti démocrate.
Lorsqu’elle était maire de San Francisco, en 1978, elle se lia à Jiang
Zemin qui participa à la répression de la révolution colorée de
Tienanmen (1989) puis devint le successeur de Deng Xiaoping. Grâce à ce
contact, Feinstein devint l’intermédiaire obligé des transnationales US
pour implanter des usines en Chine. Elle fit ainsi, entre autres, la
fortune de son troisième mari, le financier Richard C. Blum (Blum partners).
Mme Feinstein est célèbre pour avoir obtenu la divulgation des
informations sur 119 prisonniers de la CIA, dont ceux de Guantánamo, et
les tortures qu’ils subissaient en échange de son silence sur les 80 000
prisonniers secrets de la Navy en eaux internationales.

2. Mitch McConnell

Sénateur (depuis 1984) ; actuel président de la minorité républicaine au
Sénat.
Parti républicain.
Il a réussi à imposer son épouse, Elaine Chao, comme secrétaire aux
Transports dans l’administration Trump en échange du soutien du Parti
républicain à sa politique. Son beau-père, l’homme d’affaire James S. C.
Chao, est un généreux donateur de l’école de commerce d’Harvard. Il a
ainsi pu exiger qu’elle forme une génération de dirigeants chinois.


II. Les soutiens des grands distributeurs

1. Walmart : famille Walton Propriété familiale des Walton.
Donateur du Parti démocrate. Hillary Clinton fut membre de son conseil
d’administration.
Premier distributeur de biens de consommation aux USA.
Considérée en 2020 comme la famille la plus riche du monde.

2. Amazon : Jeff Bezos
Jeff Bezos, Pdg d’Amazon, Blue Origin et du Washington Post.
Donateur du mouvement transhumaniste.
Premier distributeur à domicile de biens de consommation en Occident.
Considéré en 2020 comme l’homme le plus riche du monde.


III. Les soutiens de l’administration Biden

1. Ron Klain
Chef de cabinet du vice-président Al Gore, puis du vice-président Joe
Biden (1999-2011) ; Chef de cabinet de la Maison-Blanche (c’est-à-dire
coordinateur de l’administration Biden) (depuis 2021).
Parti démocrate.
Son épouse, Monica Medina, travaillait pour la Walton Family Foundation,
c’est-à-dire pour Walmart.

2. Antony Blinken
Conseiller de Sécurité nationale du vice-président Biden (2009-13) ;
Conseiller adjoint de Sécurité nationale du président Obama (2023-15) ;
Secrétaire d’État adjoint (2015-17) ; co-fondateur de WestExec Advisor
(2017-21) ; Secrétaire d’État (depuis 2021).
Néoconservateur.
Sa société de lobbying, WestExec Advisor, est composée d’anciens de
l’administration Obama. Elle est chargée de mettre en relation les
transnationales US soit avec le département US de la Défense, soit avec
le Gouvernement chinois.

3. Avril Haines
Directrice adjointe de la CIA (2013-15) ; Conseillère adjointe de
Sécurité nationale (2015-17) ; Lobbyiste à WestExec Advisors (2018-21) ;
Directrice du Renseignement national (depuis 2021).
Parti démocrate.
Lors de son passage à WestExec Advisors, elle a défendu les intérêts des
grandes firmes US à transférer leurs usines en Chine.
Mme Haines est surnommée la « reine des drones » pour avoir conçu le
programme mondial d’assassinats ciblés par drone. C’est elle qui avait
négocié avec Mme Feinstein de ne surtout pas rendre publics les
enlèvements et tortures de la Navy.

4. Neera Tanden
Directrice du Center for American Progress ; Bureau de la gestion et du
budget (depuis 2021).
Néoconservatrice. Amie personnelle d’Hillary Clinton.
Tout en étant directrice du think-tank des démocrates, elle était membre
de la China-United States Exchange Foundation (CUSEF), aujourd’hui
dissoute. Cette organisation était chargée par le gouvernement chinois
de neutraliser les critiques aux USA contre la politiques des
transnationales de délocalisation de leurs usines vers la Chine.


Rappelons par ailleurs que durant la campagne électorale, tout a été
fait pour empêcher les électeurs de prendre connaissance de l’enquête du
New York Post sur le fils du président Biden, Hunter. Celui-ci a
notamment volé 1 milliard de dollars en Ukraine avec la complicité de
CEFC China Energy, une société désormais dissoute.


IV. La position chinoise

L’élection du président Biden est une aubaine pour la Chine qui n’est
pas encore sortie du sous-développement. Elle espère jouer avec le goût
de l’argent facile des ultra-milliardaires états-uniens pour qu’ils
construisent de nouvelles usines, à leurs frais, à l’intérieur du pays.

Elle sait que cela n’aura qu’un temps. En effet, au fur et à mesure de
son développement, ses ouvriers sont de mieux en mieux formés et coûtent
de plus en plus cher. D’ores et déjà ceux qui vivent sur la côte de la
mer de Chine sont à égalité avec les ouvriers états-uniens. Ils ne
peuvent donc plus travailler pour le marché étranger et se tournent vers
le marché intérieur désormais solvable.

La Chine protège donc dès à présent la partie développée du pays de
possibles délocalisations. Elle contraint toutes les sociétés
occidentales à agir au travers de joint-ventures détenues pour moitié
par des ressortissants chinois. En outre, elle a instauré la présence
d’un représentant du Parti au sein de chaque conseil d’administration de
ces entreprises, de sorte qu’elles ne mènent jamais de stratégie
anti-nationale.

À terme, elle s’apprête à remercier les investisseurs étrangers et à
inonder leur propre marché. Mais pour son compte cette fois.
Thierry Meyssan
Calamity Jade
2021-02-23 15:16:13 UTC
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Thierry Meyssan, "grand reporter" français.
"Merci pour ce grand moment français de rigolade!"
(Copyright Calamity, 2021)
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