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Qui a assassiné Thomas Sankara ?
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Les tazunuls
2021-10-12 04:31:12 UTC
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Le procès tant attendu s’ouvre le 11 octobre, en l’absence de Blaise
Compaoré. Dernière manœuvre pour le saboter, les avocats de de Blaise
Compaoré viennent d’annoncer qu’ils le boycotteront alors qu’il
s’annonçait exemplaire. Historique, il est le résultat d’un long
combat pour la justice.

Par Bruno Jaffré

Paru le 10 octobre 2021 sur le blog de l’auteur sous le titre: Enfin le
procès de l’assassinat de Sankara et de ses compagnons

La nouvelle était attendue depuis longtemps. C’est un communiqué
laconique du procureur Militaire du Tribunal Militaire de Ouagadougou,
daté du 17 août qui la confirme et « informe l’opinion internationale
et internationale que le procès des personnes mises en accusation dans
l’affaire de l’assassinat du Président Thomas Sankara et de ses douze
compagnons s’ouvrira le lundi 11 octobre 2021 à partir de 9h00 ».

Procès historique

Le procès s’annonce historique. Thomas Sankara est depuis devenu le
modèle de la jeunesse africaine à travers tout le contient et même
au-delà. Intègre, résolu, sensible, intelligent, créatif, habité de
la volonté ardente de sortir son peuple de la pauvreté, leader d’une
révolution choisissant un modèle de développement autocentré libéré
des diktats de la domination occidentale. Précurseur du combat pour la
sauvegarde la planète comme de la libération de la femme en Afrique, et
de bien d’autres, il rendait la fierté à tout un continent en
dénonçant publiquement es agissements des puissances occidentales
impérialistes, notamment la soumission des peuples par la dette créée
artificiellement. Il tentait de repousser les limites du possible.

Depuis quelques temps, les médias qui se sont saisis de ce qu’on
appelle aujourd’hui l’affaire Sankara, ont largement contribué à lui
donner un écho particulier, revenant régulièrement sur les
développements du dossier. Les proches de Blaise Compaoré relayés par
les réseaux françafricains ont longtemps tenté de faire de l’affaire
Sankara une question purement nationale. Certes la Révolution traversait
une grave crise politique que Thomas Sankara tentait de dépasser par la
discussion, alors que son ami Blaise Compaoré choisit alors de
l’assassinat. Mais cette affaire est tout autant révélatrice des
contradictions internationales de l’époque, des rivalités régionales
que de la volonté des puissances occidentales et notamment La France de
maintenir leur domination sur ses anciennes colonies.

Plusieurs organisations de la société civile ont demandé récemment que
le procès soit retransmis en direct à la radio, comme c’était
l’usage pour pour ceux des Tribunaux Populaires de la Révolution, mais
le procureur a répondu par la négative. On espère cependant qu’il
pourra être filmé et archivé et accessible aux historiens.

Les accusés

Le procès s’ouvrira en présence de douze accusés, selon les cas de
complicité d’attentat à la sûreté de l’État, de complicité
d’assassinat, de recel de cadavres ou de subornation de témoins, mais
en l’absence de deux grands absents. Le chef du commando Hyacinthe
Kafando, en fuite, et surtout de Blaise Compaoré, réfugié en Côte
d’Ivoire où il a été exfiltré par les troupes français au lendemain
de l’insurrection d’octobre 2014.

Le général Gilbert Diendéré, numéro 2 du régime de Blaise, déjà
condamnée à 20 ans de prison pour sa tentative de putsch en septembre
2015, et Jean Pierre Palm, ancien chef d’État-major de la gendarmerie
sont les principaux accusés. Les autres sont des militaires membres du
commando ou cosignataires du frauduleux certificat de décès mentionnant
« mort de mort naturel ». Cinq autres accusés sont décédés.

Gilbert Diendéré a déjà été condamné à 20 ans de prison pour avoir
organisé un putsch durant la transition. Quant à Jean Pierre Palm, il a
été plusieurs fois accusé de torture par ses victimes et n’a
malheureusement jamais été poursuivi pour ces graves méfaits.

Un long combat pour la justice

Dix ans après, l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons, la
famille Sankara, le 29 septembre 1997, une première plainte déposée (16
jours avant la date de prescription) avec constitution de partie civile
pour assassinat du Président Thomas Sankara et pour faux et usage de
faux. La plainte est soutenue par une quinzaine d’avocats regroupée
d’un collectif international juridique et du CIJS (Comité international
justice pour Sankara) mis en place à l’initiative du GRILA (Groupe
d’information et de recherche pour la libération de l’Afrique) qui
lance la Campagne international Justice pour Sankara.

En 2009, après l’échec des interventions du CIJS auprès du comité
des droits de l’homme de l’ONU, le réseau international justice pour
Sankara, justice pour l’Afrique lance une nouvelle campagne demandant
alors l’ouverture d’une enquête internationale indépendante, et plus
tard en France l’ouverture d’une enquête parlementaire pour enquêter
sur l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons. Deux pétitions
ont été lancées, dont une demandait l’ouverture du secret défense,
recueillant des dizaines de milliers de signatures. De multiples réunions
publiques, manifestations de rue, conférences de presse à Paris et à
Ouagadougou, rencontres à l’Assemblée nationale avec des députés,
ont été organisées. Dans la période récente le réseau a suscité
plusieurs interventions de députés pour la fourniture du dernier lot de
documents. Il n’a cessé de publier des communiqués de presse afin
d’informer des évolutions du procès et d’exiger l’ouverture du
secret défense.

Mais c’est l’intervention du peuple burkinabè qui fut déterminante,
en chassant Blaise Compaoré à l’issue d’une magnifique insurrection
populaire. Puis la société civile a joué un rôle déterminant lors de
la mise en place de la Transition, fin 2014. Le gouvernement annonçait
rapidement l’ouverture d’une enquête qui a mené à ce procès.

Il faut aussi souligner la ténacité des avocats qui ont dû affronter de
multiples obstacles notamment lorsque Blaise Compaoré était au voir.
Celle de la famille Sankara qui a subi de multiples pressions par le
régime Compaoré qui a plusieurs fois tenté de régler le problème en
tentant de donner de l’argent aux parents. Les familles des autres
victimes restées longtemps oubliées, souvent démunies, ont commencé à
se manifester après l’insurrection et seront représentés par des
avocats lors du procès. La fille d’une des victimes a tenu a rappelé
lors d’une interview que son père était aussi un héros de la
Révolution.(Voir
https://www.thomassankara.net/personnes-assassinees-15-octobre-1987-fille-de-frederic-kiemde-parle/).

Un procès en l’absence de Blaise Compaoré

L’absence de Blaise Compaoré est une profonde déception. Elle viendra
d’abord rappeler que cette absence est d’abord de la responsabilité
des autorités françaises car ce sont les troupes française qui l’ont
exfiltré du Burkina vers la Côte d’Ivoire. Un acte qui n’est rien
d’autre qu’une prime à l’impunité dont on sait qu’elle est un
des principaux obstacles au développement. Responsable de crimes
économiques en instituant un système prédateur de son propre pays au
profit de son clan. Mais c’est aussi un assassin à l’origine ou
complice de plusieurs déstabilisations dans la région entraînant des
guerres effroyables comme celle du Liberia et de la Sierra Leone puis
celle de Côte d’Ivoire sans parler de ces liens avec Jonas Savimbi,
allié à l’Afrique du Sud dans la guerre déchirant l’Angola, à qui
il permettait de contourner l’embargo, tout en profitant des trafics de
diamant.

Voilà le sinistre personnage qui a bénéficié de la protection de le
France, qui en réalité rendant la monnaie un acteur lui ayant rendu de
nombreux services.

Une fois réfugié en Côte d’Ivoire. Il a pris la nationalité
ivoirienne. Une rumeur persistance a longtemps circulé selon laquelle il
ne pouvait plus être extradé. Alors qu’il existe bien un traité entre
le Burkina et la Côte d’Ivoire permettant l’extradition. Nous
l’avons longtemps démenti sans être entendu mais une interview d’un
avocat y a mis fin définitivement
(https://www.rfi.fr/fr/podcasts/invit%C3%A9-afrique/20210426-assassinat-de-t-sankara-juridiquement-blaise-compaor%C3%A9-peut-%C3%AAtre-extrad%C3%A9-vers-le-burkina
).

Les proches de Blaise Compaoré ont redoublé de communication ces
derniers temps. Ainsi avons-nous eu droit ensuite à une vidéo (voir
filmée pat l’un de ses
proches dans laquelle il apparaît diminué lors de son anniversaire,
semblant même ne pas avoir toute sa tête. « C’est pour qu’on ait
pitié de lui » m’a commenté un ami au Burkina. Puis, tout récemment,
une nouvelle rumeur faisait état de soins prodigués au Maroc alors
qu’un visa lui aurait été refusé par la France. Nouveau démenti de
ses proches qui l’ont affirmé en bonne santé accompagné de photos. Et
alors que la date du procès de l’assassinat Thomas Sankara et de ses
compagnons a été officiellement annoncé le 13 août, il écrivait une
lettre de condoléances au Peuple Burkinabé le 27 août 2021, dans
laquelle appelle à l’unité et à « taire nos querelles, nos
incompréhensions et nos égos pour nous donner toutes les chances de
préserver notre Patrie en très grand danger ».

Le procès de l’assassinat de Thomas Sankara et se des compagnons
n’est qu’un parmi de nombreux autres crimes pour lesquels il devrait
être jugé. Mais il bénéficie de trop de protection.

Les avocats de Blaise Compaoré décident de boycotter le procès

Les avocats de Blaise Compaoré viennent d’annoncer par un communiqué
(Voir https://lefaso.net/spip.php?article108055 ) qu’ils n’assisteront
pas au procès. Par ce geste ils tentent de dénaturer la qualité du
procès.

Parmi les deux signataires du communiqué figure M. Pierre Olivier Sur,
également avocat de François Compaoré, le petit frère de Blaise
Compaoré, mis en examen pour l’assassinat de Norbert Zongo le 13
décembre 1998. Ils reprennent la même stratégie que celle employée
pour éviter l’extradition de François Compaoré. Elle consiste à
décrédibiliser la justice burkinabè dans son ensemble. Ils
n’hésitent pas pour cela à avancer des mensonges éhontés[2]. M.
Pierre Olivier Sur, connu pour tenter d’influencer l’opinion publique
en maniant sans scrupule l’insulte et le mépris pour le peuple du
Burkina Faso et ses institutions. Au cours d’une audience, il s’est
permis par exemple de déclarer : « si François Compaoré est extradé
il sera découpé en rondelles »[3]. Une déclaration raciste digne des
plus sombres années du colonialisme !

Je ne suis pas un défenseur acharné de la justice burkinabè,
dénonçant régulièrement ses insuffisances. Mais sur l’affaire
Sankara, voir ci-dessous, la justice a fait son travail. M. Pierre Olivier
Sur, fuit la confrontation judiciaire refusant de répondre devant la
justice des multiples preuves accumulées contre leurs clients.

Il est à ranger dans la longue liste des avocats de la Françafrique,
grassement payé par des dictateurs qui ont accumulé des richesses
immenses en pillant les ressources de leur pays au détriment de leur
peuple.

Mais ce n’est pas tout. Sur RFI, il déclare : « nous sommes prêts,
moi le premier, à me rendre à Ouagadougou pour rencontrer le président
de la République afin d’envisager la paix des braves pour préparer un
retour du président Blaise Compaoré sur place et de sa famille afin de
montrer une image forte d’unité nationale pour lutter contre le
terrorisme et le risque de désintégration auquel nous assistons en ce
moment. » (Voir
https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211007-burkina-faso-l-ex-pr%C3%A9sident-compaor%C3%A9-ne-se-rendra-pas-au-proc%C3%A8s-de-l-assassinat-de-sankara).
Après avoir affiché son mépris pour ce pays, ses institutions et son
peuple, il veut maintenant s’immiscer dans la politique interne de ce
pays. Il propose de rencontrer le Président Roch Marc Christian Kaboré,
pourtant garant des institutions, pour une « paix des braves » afin
d’organiser le retour de Blaise Compaoré dans son pays. Une manière
d’effacer sa responsabilité dans l’assassinat de Thomas Sankara et de
ses compagnons qui a mis fin au retour de la dignité et la fierté de
tout un peuple qui demande justice aujourd’hui. Alors qu’il a déjà
échappé à aux poursuites pour plus de 37 ans de crimes de sang et de
crimes économique. Drôle de conception de la justice pour un avocat.
Cette démarche n’est rien d’autre qu’une demande au Président
burkinabè de s’immiscer dans les affaires judiciaires voire de
s’opposer à une décision de justice. Lui qui ne cesse d’accuser le
président français Emmanuel Macron d’être intervenu pour
l’extradition de François Compaoré :

Malheureusement le résultat de ces manœuvres laissera le peuple
burkinabè dans une très grande frustration de ne pas pouvoir suivre le
procès tel qu’il l’avait tellement souhaité et attendu.

Un procès qui ne devrait pas interroger l’implication de la France, ni
d’autres pays

Il semble bien que le juge militaire, François Yaméogo, nommé pour
mener l’enquête en mars 2015, s’est lancé corps et âme dans une
enquête approfondie. Avouons que nous avons été surpris lorsqu’il a
demandé en mars 2016, l’ouverture du secret-défense à la France et
lancé une commission rogatoire afin que des auditions aient lieu en
France. La nouvelle n’a été rendue publique qu’en octobre de la
même année. Il envoyait le signal qu’il ne se contenterait pas d’une
enquête nationale mais qu’il souhaitait lancer des investigations sur
l’éventualité d’un complot international. Il affirmait aussi sa
totale indépendance, par rapport aux autorités politiques du pays comme
des éventuelles pressions internationales.

Élu en mai 2017, le tout nouveau président français Emmanuel Macron
veut afficher sa volonté de rompre avec les politiques africaines de ses
prédécesseurs. Il choisit le Burkina pour effectuer sa première visite
officielle sur le continent africain, pour son retour à la démocratie.
En effet, le Burkina Faso, après l’insurrection populaire de novembre
2014 a mis en place une transition inclusive rassemblant les forces vives
du pays, qui a préparé des élections dont le résultat n’a pas été
contesté. Nous en avons déjà évoqué toutes les insuffisances lors des
articles précédents de ce présent blog consacré essentiellement au
Burkina.

Au cours de cette visite, en novembre 2017, le Président français promet
devant un amphithéâtre d’étudiants, en présence du Président
burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, de déclassifier tous les
documents sur l’assassinat de Thomas Sankara et de les fournir à la
justice burkinabè.

Deux premiers lots d’archives françaises parviennent à la justice
burkinabè en novembre 2018 et janvier 2019. Puis plus rien pendant près
de trois ans. La population s’impatiente. Des organisations de la
société civile interpellent le gouvernement. Le Réseau international
Justice pour Sankara justice pour l’Afrique publie alors plusieurs
communiqués, largement diffusés dans la presse burkinabè, demandant que
le 3ème lot soit livré rapidement, s’interrogeant sur la sincérité
de la France. C’est peu connu, mais la commission rogatoire est une
disposition liant la France et le Burkina prévu dans les accords de
coopération signés aux lendemains de l’indépendance.

C’est aux autorités du pays que les Burkinabè, engagés dans le combat
pour la justice, notamment le Balai citoyen, s’adressaient pour se
plaindre des lenteurs de la justice dans leur pays.

Pourtant la réalité des faits montrent que la lenteur ne vient pas, dans
l’affaire Sankara, du Burkina. Loin de nous l’idée d’absoudre les
autorités actuelles des insuffisances de la justice burkinabè, mais ce
n’est pas notre propos ici. Nous en avons déjà parlé dans le présent
blog. Pour l’affaire Sankara, elles ont laissé semble-t-il le juge
mené son enquête. Avec des limites bien sûr. Le gouvernement burkinabè
n’a pas semblé très combatif pour obtenir de la Côte d’Ivoire, pays
ami, mais aussi soupçonné d’être impliqué l’assassinat de Thomas
Sankara et de ses compagnons, l’extradition de Blaise Compaoré.

Les autorités politiques burkinabè ont sans doute aussi manifesté leur
impatiente. La « réconciliation », annoncée depuis longtemps figurait
en bonne place lors de la campagne électorale précédant le scrutin de
novembre 2020 (voir ci-dessous). Elle ne peut avoir lieu sans un minimum
de justice.

C’est dans ce contexte difficile que le juge François Yaméogo, décide
en octobre 2020, de disjoindre la procédure concernant les éléments
internationaux du dossier, qui reste donc ouverte afin que l’enquête
continue. Cette décision permet d’aller au procès en clôturant
officiellement l’instruction sur les éléments nationaux du dossier. Il
transmet donc cette partie du dossier à la chambre de contrôle de
l’instruction du Tribunal militaire de Ouagadougou, chargée de
vérifier la procédure et la validité l’accusation.

Le délibéré est rendu le 13 avril 2021 et confirme l’accusation de 14
inculpés sur 25 dont 3 sont en fuite et 5 personnes impliquées sont
décédées depuis. Ce délibéré marque aussi le feu vert pour organiser
le procès.

Et quatre jours après, le 17 avril, est organisée une cérémonie de
remise du 3ème lot de documents des archives françaises, de
l’ambassadeur de France au ministre délégué chargé de
l’intégration et des Burkinabè de l’extérieur en présence de la
presse ! Près de trois ans après la remise du deuxième lot et 4 ans et
demi après la promesse d’Emmanuel Macron.

Quel contraste avec les remises de deux premiers lots faites dans la plus
grande confidentialité !

Et la disjonction étant opérée, les juges chargés du procès ne se
sont probablement pas préparés à traiter du complot international.
L’action de le France ne devrait donc pas être évoquée lors du
procès. A moins que les avocats des parties civiles, qui selon nos
informations étudient pourtant les documents fournis dans le troisième
lot, décident Mais n’était-ce pas là l’objectif des autorités
françaises ? Et si des avocats de la partie civile venaient à
l’évoquer ils risquent fort de se voir opposer l’absence
d’éléments dans le dossier.

Outre la France d’autres pays sont cités comme éventuellement plus ou
moins impliqués dans un complot international, le Côte d’Ivoire, La
Libye, le Togo et les États-Unis, mais aussi les compagnons de Charles
Taylor à l’origine du conflit sanglant qui a ensanglanté le Liberia et
la Sierra Leone à partie de 1989 jusqu’en 2002 (*).

Un procès dans un contexte de crise politique et sécuritaire

Beaucoup de Burkinabè n’osent pas croire à la tenue du procès à la
date annoncée. Ils ont tellement souhaité ce moment où l’on pourra
enfin juger les responsables de l’assassinat de Thomas Sankara et de ses
compagnons. Enterrer leur héros lors d’obsèques nationales. Lui rendre
un nouvel hommage grandiose pour passer à une autre époque. Reconstruire
l’avenir de leur pays meurtri.

Alors que la campagne électorale s’était déroulé sans incident, les
attaques se multiplient plus meurtrières. Dans la nuit du 4 juin, 132
personnes sont assassinées froidement dans la ville de Solhan dans le
sahel, proche d’un site d’orpaillage, pendant plusieurs heures,
l’armée n’étant intervenue que 6 heures plus tard. Le ministre de la
défense Chérif était venu quelques jours auparavant rassurer les
populations affirmant que la région était sécurisée.

Ce nouveau massacre a constitué un électrochoc…. Le ministre de la
défense et le ministre de l’intérieur et de la sécurité ont été
limogés.

Le 18 août 2021, plusieurs centaines de terroristes attaquent un convoi
mixte composé de militaires et de civile dans le nord tuant 84 personnes
dont une quinzaine de membres de forces de défense et de sécurité.
Plusieurs dizaine de terroristes auraient été neutralisés.

Quelques reportages de la presse burkinabé pointent l’insuffisance de
l’armement et de la formation des VDP (Volontaires pour la défense de
la patrie) qui payent un lourd tribut lors des combats. D’autres en
avaient vanté les mérites. La presse burkinabè diversifiée continue à
faire son travail, bien que certains aient été attaqués en justice.

Les nombre de déplacés internes est passé d’environ 1100000 à 1 423
378 selon les chiffres donnés par Mme Laurence Marie Ilboudo/ Marchall,
ministre en charge de la femme, de la famille, de la solidarité nationale
et de l’action humanitaire lors d’une conférence de presse le 13
septembre 2021 (voir
https://www.infoh24.info/deplaces-internes-laurence-marshal-ilboudo-a-denoncer-les-abus-dont-les-femmes-sont-victime
)

Des manifestations importantes se sont tenues dans plusieurs villes
importantes dans les régions touchées par les attaques, organisées par
des leaders locaux de la société civile. Suivies peu après par des
manifestations organisées par l’opposition, début juillet rassemblant
des milliers de personnes, dirigée maintenant par le CDP, le parti de
Blaise Compaoré, pour protester contre l’aggravation la situation
sécuritaire. Malgré différentes ripostes de l’armée burkinabè et
des VDP les attaques ont continué causant de nombreuses victimes.

C’est dans ce contexte que le gouvernement s’est lancé dans une
campagne pour la réconciliation.

Lors de la campagne électorale des élections présidentielles de
novembre 2020) (voir
https://blogs.mediapart.fr/bruno-jaffre/blog/301120/burkina-roch-marc-christian-kabore-lemporte-coup-k-o-mais-mal-elu),
Roch Marc Christian Kaboré promettait dans le village natal de Blaise
qu’il rentrerait au Burkina avant six mois.

Zéphirin Diabré, ancien leader de l’opposition a rejoint la majorité
comme ministre d’État chargé de la réconciliation et de la cohésion
sociale. Il est venu rencontrer Blaise Compaoré en Côte d’ivoire pour
évoquer la réconciliation et son retour éventuel au pays. Mais rien
n’a filtré sur la teneur de la discussion. La date du forum de la
réconciliation nationale a été fixée du 17 au 23 janvier 2022.
Difficile de savoir quelle sera le contenu effectif de cette
réconciliation. Les discussions ont commencé entre le gouvernement et
l’opposition dirigée par le CDP. Qui a commencé par demandé la
suspension des procès. Car un autre procès doit s’ouvrir, celui des
membres du dernier gouvernement de Blaise Compaoré, annoncé pour
bientôt où devront être jugés ceux qui ont approuvé en conseil des
ministres la suppression de l’article 37 qui aurait permis à Blaise
Compaoré de se représenter en 2015… Ce qui a entraîné
l’insurrection d’octobre 2014.

Le pays va-t-il dans ce lourd contexte passer cette période dans la
sérénité ? Les Burkinabè veulent la paix. Beaucoup même la
réconciliation, mais pas à n’importe quel prix. Elle ne pourra
intervenir sans la justice.

Bruno Jaffré

[2] En réalité un mandat international a bien été annulé mais il
concernait le procès du putsch de 2015. Le mandat concernant l’affaire
Thomas Sankara date de décembre 2015 et n’a jamais été annulé. Quant
à l’amnistie que Blaise Compaoré s’était empressé de faire adopté
pour son propre compte elle a été supprimée par loi constitutionnelle
N°072-2015/CNT portant révision de la constitution.

[3]Voir:https://blogs.mediapart.fr/bruno-jaffre/blog/090418/sil-est-extrade-francois-compaore-sera-decoupe-en-rondelles
).Il a été réédité récemment en affirmant:« Si François Compaoré
est extradé, il sera tué en cellule ». Voir
aussi:https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210712-burkina-si-fran%C3%A7ois-compaor%C3%A9-est-extrad%C3%A9-il-sera-tu%C3%A9-en-cellule-selon-ses-avocats

(*)Sur le complot international se reporter à
https://blogs.mediapart.fr/bruno-jaffre/blog/140321/affaire-sankara-nouvelles-revelations-en-provenance-du-burkina


Source: Bruno Jaffré
Cardinal de Hère
2021-10-12 12:07:55 UTC
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Post by Les tazunuls
Le procès tant attendu s’ouvre le 11 octobre, en l’absence de Blaise
Compaoré. Dernière manœuvre pour le saboter, les avocats de de Blaise
Compaoré viennent d’annoncer qu’ils le boycotteront alors qu’il
s’annonçait exemplaire. Historique, il est le résultat d’un long combat
pour la justice.
Par Bruno Jaffré
Paru le 10 octobre 2021 sur le blog de l’auteur sous le titre: Enfin le
procès de l’assassinat de Sankara et de ses compagnons
(...)
Source: Bruno Jaffré
Ce procès vient très tard. Les principaux commanditaires étrangers les
plus probables de l'assassinat de Sankara (Houphouët-Boigny, Mitterrand,
Chirac, Giraud, Raimond, Pasqua, Aurillac, Pandraud, Boyon) sont morts.
Il ne reste plus que le frère la gratouille Bariani qui vu ses appuis
occultes ne risque pas grand chose.
MAIxxxx
2021-10-12 13:02:17 UTC
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Post by Les tazunuls
Le procès tant attendu s’ouvre le 11 octobre, en l’absence de Blaise
Compaoré. Dernière manœuvre pour le saboter, les avocats de de Blaise
Compaoré viennent d’annoncer qu’ils le boycotteront alors qu’il
s’annonçait exemplaire. Historique, il est le résultat d’un long
combat pour la justice.
[...]
ource: Bruno Jaffré
La "franceafric" est manifestement bien coupable, prétendant protéger les
"intérêts français", en fait ceux de multinationales et coteries sans foi ni
loi, pas ceux des français, contre toute tentative d'émancipation en Afrique vis
à vis de l'exploitation éhontée dont elle fait l'objet.

Comment voulez-vous que ces peuples sortent de la pauvreté si on leur maintient
la tête sous l'eau ? Et après, ça gueule quand quelques africains rêvent de
mieux vivre en venant chez nous, alors que leur situation est largement le
résultat de nos politiques post-coloniales.
--
Quand on veut tuer son chien ces temps-ci, on dit qu'il est de la franceafrique.
Trimble
2021-10-12 13:19:24 UTC
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Post by Les tazunuls
Post by Les tazunuls
Le procès tant attendu s’ouvre le 11 octobre, en l’absence
de Blaise Compaoré. Dernière manœuvre pour le saboter, les
avocats de de Blaise Compaoré viennent d’annoncer qu’ils le
boycotteront alors qu’il s’annonçait exemplaire.
Historique, il est le résultat d’un long combat pour la
justice.
[...]
ource: Bruno Jaffré
La "franceafric" est manifestement bien coupable, prétendant
protéger les "intérêts français", en fait ceux de
multinationales et coteries sans foi ni loi, pas ceux des
français, contre toute tentative d'émancipation en Afrique
vis à vis de l'exploitation éhontée dont elle fait l'objet.
Comment voulez-vous que ces peuples sortent de la pauvreté si
on leur maintient la tête sous l'eau ? Et après, ça gueule
quand quelques africains rêvent de mieux vivre en venant chez
nous, alors que leur situation est largement le résultat de
nos politiques post-coloniales.
J'avais lu il y a une quinzaine d'année sur un journal (un
mainstream, genre VSD, l'Express ou le Figaro Magazine) dans
une salle d'attente un article sur l'après-colonisation des
pays africains. L'article disait qu'après l'indépendance, un
seul pays avait décidé de complètement couper les ponts avec
l'ancien colonisateur (je ne me rappelle plus lequel, le Bénin
ou la Guinée, il me semble) et qu'il était un des pays les plus
pauvres du monde.

Donc je ne sais pas si tout ce qui se passe en Afrique est la
faute de la France. Quand Kofi Yamga relate qu'au Togo les
anciens lui disent "c'était mieux au temps des blancs", je
trouve que la France a bon dos pour exempter les Africains de
leurs responsabilités.
--
Trimble
MAIxxxx
2021-10-12 13:29:03 UTC
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Post by Trimble
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Post by Les tazunuls
Le procès tant attendu s’ouvre le 11 octobre, en l’absence
de Blaise Compaoré. Dernière manœuvre pour le saboter, les
avocats de de Blaise Compaoré viennent d’annoncer qu’ils le
boycotteront alors qu’il s’annonçait exemplaire.
Historique, il est le résultat d’un long combat pour la
justice.
[...]
ource: Bruno Jaffré
La "franceafric" est manifestement bien coupable, prétendant
protéger les "intérêts français", en fait ceux de
multinationales et coteries sans foi ni loi, pas ceux des
français, contre toute tentative d'émancipation en Afrique
vis à vis de l'exploitation éhontée dont elle fait l'objet.
Comment voulez-vous que ces peuples sortent de la pauvreté si
on leur maintient la tête sous l'eau ? Et après, ça gueule
quand quelques africains rêvent de mieux vivre en venant chez
nous, alors que leur situation est largement le résultat de
nos politiques post-coloniales.
J'avais lu il y a une quinzaine d'année sur un journal (un
mainstream, genre VSD, l'Express ou le Figaro Magazine) dans
une salle d'attente un article sur l'après-colonisation des
pays africains. L'article disait qu'après l'indépendance, un
seul pays avait décidé de complètement couper les ponts avec
l'ancien colonisateur (je ne me rappelle plus lequel, le Bénin
ou la Guinée, il me semble) et qu'il était un des pays les plus
pauvres du monde.
Donc je ne sais pas si tout ce qui se passe en Afrique est la
faute de la France. Quand Kofi Yamga relate qu'au Togo les
anciens lui disent "c'était mieux au temps des blancs", je
trouve que la France a bon dos pour exempter les Africains de
leurs responsabilités.
Les élites de l'Afrique francophone ont bien souvent été formées en France. Je
ne suis pas sûr qu'on leur ait donné le goût de la "démocratie". Il est vrai
qu'ici aussi, il faudrait revoir un peu notre copie.

Mais comme on est ici dans un état bien plus développé, c'est moins criant : on
a tous du pain et des jeux.
--
Quand on veut tuer son chien ces temps-ci, on dit qu'il est antisémite.
Trimble
2021-10-12 13:30:19 UTC
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Post by MAIxxxx
Les élites de l'Afrique francophone ont bien souvent été
formées en France. Je ne suis pas sûr qu'on leur ait donné le
goût de la "démocratie". Il est vrai qu'ici aussi, il
faudrait revoir un peu notre copie.
Mais comme on est ici dans un état bien plus développé, c'est
moins criant : on a tous du pain et des jeux.
Pas faux.
--
Trimble
Colonial2021
2021-10-12 14:25:45 UTC
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Post by Les tazunuls
Post by Les tazunuls
Le procès tant attendu s’ouvre le 11 octobre, en l’absence de Blaise
Compaoré. Dernière manœuvre pour le saboter, les avocats de de Blaise
Compaoré viennent d’annoncer qu’ils le boycotteront alors qu’il
s’annonçait exemplaire. Historique, il est le résultat d’un long combat
pour la justice.
[...]
ource: Bruno Jaffré
La "franceafric" est manifestement bien coupable, prétendant protéger les
"intérêts français", en fait ceux de multinationales et coteries sans foi
ni loi, pas ceux des français, contre toute tentative d'émancipation en
Afrique vis à vis de l'exploitation éhontée dont elle fait l'objet.
Comment voulez-vous que ces peuples sortent de la pauvreté si on leur
maintient la tête sous l'eau ? Et après, ça gueule quand quelques africains
rêvent de mieux vivre en venant chez nous, alors que leur situation est
largement le résultat de nos politiques post-coloniales.
J'avais lu il y a une quinzaine d'année sur un journal (un mainstream, genre
VSD, l'Express ou le Figaro Magazine) dans une salle d'attente un article sur
l'après-colonisation des pays africains. L'article disait qu'après
l'indépendance, un seul pays avait décidé de complètement couper les ponts
avec l'ancien colonisateur (je ne me rappelle plus lequel, le Bénin ou la
Guinée, il me semble) et qu'il était un des pays les plus pauvres du monde.
Donc je ne sais pas si tout ce qui se passe en Afrique est la faute de la
France. Quand Kofi Yamga relate qu'au Togo les anciens lui disent "c'était
mieux au temps des blancs", je trouve que la France a bon dos pour exempter
les Africains de leurs responsabilités.
C'était la Guinée Conakry...

Dieu merci, ses ressortissants sont soumis au visa pour leur éventuelle
entrée en FRance
--
Les Africains ne sont pas inférieurs. Ils sont autres.

Lyautey
Trimble
2021-10-12 17:22:58 UTC
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Post by Colonial2021
C'était la Guinée Conakry...
Merci.
Post by Colonial2021
Dieu merci, ses ressortissants sont soumis au visa pour leur
éventuelle entrée en FRance
Ça déjà arrêté l'immigration, ça ?
--
Trimble
Colonial2021
2021-10-13 06:13:43 UTC
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Post by Trimble
Post by Colonial2021
C'était la Guinée Conakry...
Merci.
Post by Colonial2021
Dieu merci, ses ressortissants sont soumis au visa pour leur éventuelle
entrée en FRance
Ça déjà arrêté l'immigration, ça ?
Dans certains pays
--
Les Africains ne sont pas inférieurs. Ils sont autres.

Lyautey
Colonial2021
2021-10-13 06:14:12 UTC
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Post by Colonial2021
Post by Trimble
Post by Colonial2021
C'était la Guinée Conakry...
Merci.
Post by Colonial2021
Dieu merci, ses ressortissants sont soumis au visa pour leur éventuelle
entrée en FRance
Ça déjà arrêté l'immigration, ça ?
Dans certains pays
mais pas le nôtre...
--
Les Africains ne sont pas inférieurs. Ils sont autres.

Lyautey
Les tazunuls
2021-10-12 18:05:04 UTC
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Post by Les tazunuls
Post by Les tazunuls
Le procès tant attendu s’ouvre le 11 octobre, en l’absence de Blaise
Compaoré. Dernière manœuvre pour le saboter, les avocats de de Blaise
Compaoré viennent d’annoncer qu’ils le boycotteront alors qu’il
s’annonçait exemplaire. Historique, il est le résultat d’un long
combat pour la justice.
[...]
ource: Bruno Jaffré
La "franceafric" est manifestement bien coupable, prétendant protéger les
"intérêts français", en fait ceux de multinationales et coteries sans foi ni
loi, pas ceux des français, contre toute tentative d'émancipation en Afrique vis
à vis de l'exploitation éhontée dont elle fait l'objet.
Comment voulez-vous que ces peuples sortent de la pauvreté si on leur maintient
la tête sous l'eau ? Et après, ça gueule quand quelques africains rêvent de
mieux vivre en venant chez nous, alors que leur situation est largement le
résultat de nos politiques post-coloniales.
Merci Maixxxx :-)
Colonial2021
2021-12-03 10:46:31 UTC
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Post by Les tazunuls
Post by Les tazunuls
Le procès tant attendu s’ouvre le 11 octobre, en l’absence de Blaise
Compaoré. Dernière manœuvre pour le saboter, les avocats de de Blaise
Compaoré viennent d’annoncer qu’ils le boycotteront alors qu’il
s’annonçait exemplaire. Historique, il est le résultat d’un long combat
pour la justice.
[...]
ource: Bruno Jaffré
La "franceafric" est manifestement bien coupable, prétendant protéger les
"intérêts français", en fait ceux de multinationales et coteries sans foi ni
loi, pas ceux des français, contre toute tentative d'émancipation en
Afrique vis à vis de l'exploitation éhontée dont elle fait l'objet.
Comment voulez-vous que ces peuples sortent de la pauvreté si on leur
maintient la tête sous l'eau ? Et après, ça gueule quand quelques africains
rêvent de mieux vivre en venant chez nous, alors que leur situation est
largement le résultat de nos politiques post-coloniales.
Qu'est-ce que tu en connais, des colonies.... ta connaissance est, au
mieux, livresque ... et burlesque!
--
Les Africains ne sont pas inférieurs. Ils sont autres.

Lyautey
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