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les riches sont merveilleux !
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Roaringriri
2018-06-13 07:02:48 UTC
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Une gourde en porcelaine, ayant appartenu à l'empereur chinois du
XVIIIe siècle Qianlong, a été adjugée pour 4,1 millions d'euros à un
acheteur français lors d'une vente aux enchères dimanche au château
d'Artigny, près de Tours.
C'est clair qu'un pauvre n'aurait pas été aussi généreux pour une gourde
en porcelaine, vive les riches ;)
Le produit d'un vol aurait du être restitué à la Chine, et pas revendu à
un de ses propres pillards.



Victor Hugo et Le sac du palais d’été
Lettre au capitaine Butler

L’empereur Xianfeng est en fuite. Il a abandonné Pékin aux troupes
anglo-françaises qui, le 6 octobre 1860, envahissent sa résidence d’été,
d’une beauté exceptionnelle, la saccagent, la dévastent. Ce pillage, qui
marquera la seconde guerre de l’opium, indigne certains témoins
occidentaux. Victor Hugo, lui, ne connaît cette « merveille du monde »
qu’à travers le récit des voyageurs, mais, d’emblée, il prend le parti
des civilisés, les Chinois, contre les barbares.
par Victor Hugo

Lettre au capitaine Butler

Hauteville House, 25 novembre 1861

Vous me demandez mon avis, monsieur, sur l’expédition de Chine. Vous
trouvez cette expédition honorable et belle, et vous êtes assez bon pour
attacher quelque prix à mon sentiment ; selon vous, l’expédition de
Chine, faite sous le double pavillon de la reine Victoria et de
l’empereur Napoléon, est une gloire à partager entre la France et
l’Angleterre, et vous désirez savoir quelle est la quantité
d’approbation que je crois pouvoir donner à cette victoire anglaise et
française.

Puisque vous voulez connaître mon avis, le voici :

ll y avait, dans un coin du monde, une merveille du monde ; cette
merveille s’appelait le Palais d’été. L’art a deux principes, l’Idée qui
produit l’art européen, et la Chimère qui produit l’art oriental. Le
Palais d’été était à l’art chimérique ce que le Parthénon est à l’art
idéal. Tout ce que peut enfanter l’imagination d’un peuple presque
extra-humain était là. Ce n’était pas, comme le Parthénon, une œuvre
rare et unique ; c’était une sorte d’énorme modèle de la chimère, si la
chimère peut avoir un modèle.

Imaginez on ne sait quelle construction inexprimable, quelque chose
comme un édifice lunaire, et vous aurez le Palais d’été. Bâtissez un
songe avec du marbre, du jade, du bronze, de la porcelaine,
charpentez-le en bois de cèdre, couvrez-le de pierreries, drapez-le de
soie, faites-le ici sanctuaire, là harem, là citadelle, mettez-y des
dieux, mettez-y des monstres, vernissez-le, émaillez-le, dorez-le,
fardez-le, faites construire par des architectes qui soient des poètes
les mille et un rêves des mille et une nuits, ajoutez des jardins, des
bassins, des jaillissements d’eau et d’écume, des cygnes, des ibis, des
paons, supposez en un mot une sorte d’éblouissante caverne de la
fantaisie humaine ayant une figure de temple et de palais, c’était là ce
monument. Il avait fallu, pour le créer, le lent travail de deux
générations. Cet édifice, qui avait l’énormité d’une ville, avait été
bâti par les siècles, pour qui ? pour les peuples. Car ce que fait le
temps appartient à l’homme. Les artistes, les poètes, les philosophes,
connaissaient le Palais d’été ; Voltaire en parle. On disait : le
Parthénon en Grèce, les Pyramides en Egypte, le Colisée à Rome,
Notre-Dame à Paris, le Palais d’été en Orient. Si on ne le voyait pas,
on le rêvait. C’était une sorte d’effrayant chef-d’œuvre inconnu entrevu
au loin dans on ne sait quel crépuscule, comme une silhouette de la
civilisation d’Asie sur l’horizon de la civilisation d’Europe.

Cette merveille a disparu.

Un jour, deux bandits sont entrés dans le Palais d’été. L’un a pillé,
l’autre a incendié. La victoire peut être une voleuse, à ce qu’il
paraît. Une dévastation en grand du Palais d’été s’est faite de compte à
demi entre les deux vainqueurs. On voit mêlé à tout cela le nom d’Elgin,
qui a la propriété fatale de rappeler le Parthénon. Ce qu’on avait fait
au Parthénon, on l’a fait au Palais d’été, plus complètement et mieux,
de manière à ne rien laisser. Tous les trésors de toutes nos cathédrales
réunies n’égaleraient pas ce splendide et formidable musée de l’orient.
Il n’y avait pas seulement là des chefs-d’œuvre d’art, il y avait un
entassement d’orfèvreries. Grand exploit, bonne aubaine. L’un des deux
vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l’autre a empli ses
coffres ; et l’on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en
riant. Telle est l’histoire des deux bandits.

Nous, Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous, les Chinois
sont les barbares. Voila ce que la civilisation a fait à la barbarie.

Devant l’histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France, l’autre
s’appellera l’Angleterre. Mais je proteste, et je vous remercie de m’en
donner l’occasion ; les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute
de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois des bandits,
les peuples jamais.

L’empire français a empoché la moitié de cette victoire et il étale
aujourd’hui avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide
bric-à-brac du Palais d’été.

J’espère qu’un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra
ce butin à la Chine spoliée.

En attendant, il y a un vol et deux voleurs, je le constate.

Telle est, monsieur, la quantité d’approbation que je donne à
l’expédition de Chine.

Victor Hugo

Cette lettre est publiée dans Nora Wang, Ye Xin, Wang Lou, Victor Hugo
et le sac du Palais d’été, Les Indes savantes/You Feng, 2003.
François Guillet
2018-06-13 17:08:49 UTC
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Raw Message
Une gourde en porcelaine, ayant appartenu à l'empereur chinois du XVIIIe
siècle Qianlong, a été adjugée pour 4,1 millions d'euros à un acheteur
français lors d'une vente aux enchères dimanche au château d'Artigny, près
de Tours.
C'est clair qu'un pauvre n'aurait pas été aussi généreux pour une gourde en
porcelaine, vive les riches ;)
Le produit d'un vol aurait du être restitué à la Chine, et pas revendu à un
de ses propres pillards.
Vae victis.
Si on se met à faire le compte de ce que chacun a pris chez les uns et
les autres en remontant jusqu'à Mathusalem, on n'a pas fini.
Herisson grognon
2018-06-13 17:13:41 UTC
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Post by Roaringriri
Une gourde en porcelaine, ayant appartenu à l'empereur chinois du
XVIIIe siècle Qianlong, a été adjugée pour 4,1 millions d'euros à un
acheteur français lors d'une vente aux enchères dimanche au château
d'Artigny, près de Tours.
C'est clair qu'un pauvre n'aurait pas été aussi généreux pour une gourde
en porcelaine, vive les riches ;)
Le produit d'un vol aurait du être restitué à la Chine, et pas revendu à
un de ses propres pillards.
Victor Hugo et Le sac du palais d'été
Lettre au capitaine Butler
L'empereur Xianfeng est en fuite. Il a abandonné Pékin aux troupes
anglo-françaises qui, le 6 octobre 1860, envahissent sa résidence d'été,
d'une beauté exceptionnelle, la saccagent, la dévastent. Ce pillage, qui
marquera la seconde guerre de l'opium, indigne certains témoins
occidentaux. Victor Hugo, lui, ne connaît cette « merveille du monde »
qu'à travers le récit des voyageurs, mais, d'emblée, il prend le parti
des civilisés, les Chinois, contre les barbares.
par Victor Hugo
Lettre au capitaine Butler
Hauteville House, 25 novembre 1861
Vous me demandez mon avis, monsieur, sur l'expédition de Chine. Vous
trouvez cette expédition honorable et belle, et vous êtes assez bon pour
attacher quelque prix à mon sentiment ; selon vous, l'expédition de
Chine, faite sous le double pavillon de la reine Victoria et de
l'empereur Napoléon, est une gloire à partager entre la France et
l'Angleterre, et vous désirez savoir quelle est la quantité
d'approbation que je crois pouvoir donner à cette victoire anglaise et
française.
ll y avait, dans un coin du monde, une merveille du monde ; cette
merveille s'appelait le Palais d'été. L'art a deux principes, l'Idée qui
produit l'art européen, et la Chimère qui produit l'art oriental. Le
Palais d'été était à l'art chimérique ce que le Parthénon est à l'art
idéal. Tout ce que peut enfanter l'imagination d'un peuple presque
extra-humain était là. Ce n'était pas, comme le Parthénon, une œuvre
rare et unique ; c'était une sorte d'énorme modèle de la chimère, si la
chimère peut avoir un modèle.
Imaginez on ne sait quelle construction inexprimable, quelque chose
comme un édifice lunaire, et vous aurez le Palais d'été. Bâtissez un
songe avec du marbre, du jade, du bronze, de la porcelaine,
charpentez-le en bois de cèdre, couvrez-le de pierreries, drapez-le de
soie, faites-le ici sanctuaire, là harem, là citadelle, mettez-y des
dieux, mettez-y des monstres, vernissez-le, émaillez-le, dorez-le,
fardez-le, faites construire par des architectes qui soient des poètes
les mille et un rêves des mille et une nuits, ajoutez des jardins, des
bassins, des jaillissements d'eau et d'écume, des cygnes, des ibis, des
paons, supposez en un mot une sorte d'éblouissante caverne de la
fantaisie humaine ayant une figure de temple et de palais, c'était là ce
monument. Il avait fallu, pour le créer, le lent travail de deux
générations. Cet édifice, qui avait l'énormité d'une ville, avait été
bâti par les siècles, pour qui ? pour les peuples. Car ce que fait le
temps appartient à l'homme. Les artistes, les poètes, les philosophes,
connaissaient le Palais d'été ; Voltaire en parle. On disait : le
Parthénon en Grèce, les Pyramides en Egypte, le Colisée à Rome,
Notre-Dame à Paris, le Palais d'été en Orient. Si on ne le voyait pas,
on le rêvait. C'était une sorte d'effrayant chef-d'œuvre inconnu entrevu
au loin dans on ne sait quel crépuscule, comme une silhouette de la
civilisation d'Asie sur l'horizon de la civilisation d'Europe.
Cette merveille a disparu.
Un jour, deux bandits sont entrés dans le Palais d'été. L'un a pillé,
l'autre a incendié. La victoire peut être une voleuse, à ce qu'il
paraît. Une dévastation en grand du Palais d'été s'est faite de compte à
demi entre les deux vainqueurs. On voit mêlé à tout cela le nom d'Elgin,
qui a la propriété fatale de rappeler le Parthénon. Ce qu'on avait fait
au Parthénon, on l'a fait au Palais d'été, plus complètement et mieux,
de manière à ne rien laisser. Tous les trésors de toutes nos cathédrales
réunies n'égaleraient pas ce splendide et formidable musée de l'orient.
Il n'y avait pas seulement là des chefs-d'œuvre d'art, il y avait un
entassement d'orfèvreries. Grand exploit, bonne aubaine. L'un des deux
vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l'autre a empli ses
coffres ; et l'on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en
riant. Telle est l'histoire des deux bandits.
Nous, Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous, les Chinois
sont les barbares. Voila ce que la civilisation a fait à la barbarie.
Devant l'histoire, l'un des deux bandits s'appellera la France, l'autre
s'appellera l'Angleterre. Mais je proteste, et je vous remercie de m'en
donner l'occasion ; les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute
de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois des bandits,
les peuples jamais.
L'empire français a empoché la moitié de cette victoire et il étale
aujourd'hui avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide
bric-à-brac du Palais d'été.
J'espère qu'un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra
ce butin à la Chine spoliée.
En attendant, il y a un vol et deux voleurs, je le constate.
Telle est, monsieur, la quantité d'approbation que je donne à
l'expédition de Chine.
Victor Hugo
Cette lettre est publiée dans Nora Wang, Ye Xin, Wang Lou, Victor Hugo
et le sac du Palais d'été, Les Indes savantes/You Feng, 2003.
Et les grands voleurs et saccageurs d'il y a un siècle et demi sont ceux
qui dénoncent et embastillent aujourd'hui les voleurs de scooter ou de
voitures, c'est ça la justice, c'est ça le principe d'égalité, c'est
l'apport civilivationel des minorités friquées de Londres et de Paris.

Alain
François Guillet
2018-06-13 17:22:53 UTC
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Raw Message
Le 13/06/2018, Herisson grognon a supposé :
...
Post by Herisson grognon
Et les grands voleurs et saccageurs d'il y a un siècle et demi sont ceux
qui dénoncent et embastillent aujourd'hui les voleurs de scooter ou de
voitures,
Les voleurs de scooters ou de voitures spolient le peuple, ce sont des
pourris qui n'ont aucune place dans la société mais en prison.
Que vous ne voyez aucun inconvénient aux razzias n'est pas étonnant, on
sait vos préférences pour la merde islamique d'où ce mot provient.
MAIxxxx
2018-06-18 13:11:50 UTC
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Raw Message
[snip]
Et les grands voleurs et saccageurs d'il y a un siècle et demi sont ceux
qui dénoncent et embastillent aujourd'hui les voleurs de scooter ou de
voitures, c'est ça la justice, c'est ça le principe d'égalité, c'est
l'apport civilivationel des minorités friquées de Londres et de Paris.
Alain
Imaginez de modernes barbares (des ET ???) technologiquement avancés
qui pillent le Louvre ou le Château de Versailles et mettent le feu à
l'Elysée.

Un jour peut-être...
--
Penser est un sport de combat
Auerstaedt
2018-06-18 13:59:01 UTC
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Raw Message
Post by MAIxxxx
Imaginez de modernes barbares (des ET ???) technologiquement
avancés qui pillent le Louvre ou le Château de Versailles et
mettent le feu à l'Elysée.
Bon, l'Elysée, à la rigueur, pourquoi pas.
François Guillet
2018-06-18 18:49:22 UTC
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Raw Message
Post by Auerstaedt
Post by MAIxxxx
Imaginez de modernes barbares (des ET ???) technologiquement
avancés qui pillent le Louvre ou le Château de Versailles et
mettent le feu à l'Elysée.
Bon, l'Elysée, à la rigueur, pourquoi pas.
C'est déjà fait, chaque locataire repart avec une partie de
l'argenterie.

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