Discussion:
Non, Jean-Luc Mélenchon ne livrera pas la France aux forces du mal
(trop ancien pour répondre)
Mr H.⁣
2017-04-21 09:36:29 UTC
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Raw Message
La popularité de Jean-Luc Mélenchon affole l'oligarchie et ses
éditorialistes, qui sortent l'artillerie lourde. Le candidat de la
France Insoumise serait "l'ami des dictateurs" et aurait "un problème
avec la démocratie". François Hollande lui-même, sortant de sa
léthargie, qualifie Jean-Luc Mélenchon de dictateur, ennemi de
l'Occident et déclare : "Voter Mélenchon, c'est voter Chavez". La
preuve, cette dernière trouvaille des commentateurs: Jean-Luc Mélenchon
ne va-t-il pas aligner la France sur le Vénézuéla et Cuba en proposant
un rapprochement avec l'ALBA (Alliance Bolivarienne pour les peuples de
notre Amérique)? Dans la dernière ligne droite d'une campagne
présidentielle, la propagande atteint toujours des sommets. Ces
allégations n'en sont pas moins ridicules.

Pour commencer, ces grands défenseurs de la liberté omettent de dire
qu'Amnesty International juge le programme porté par Jean-Luc Mélenchon
proche de ses recommandations en matière de sauvegarde des libertés. Ou
que quatre grandes ONG – ACF, ONE, CARE et ASM – ont évalué ses
propositions pour l'aide au développement et la solidarité
internationale comme les meilleures. Dans ces deux cas, ces
organisations donnent une note de 10/10 à Jean-Luc Mélenchon – étonnant
pour un apprenti dictateur. Il est d'ailleurs particulièrement grotesque
de voir ces accusations étalées dans des médias détenus par une poignée
de milliardaires dont la plupart sont en même temps producteurs
d'armes. Grotesque, mais aussi alarmant. La liberté de la presse est un
des piliers de la démocratie, mais si le pouvoir qu'elle donne aux
journalistes les conduit – volontairement ou sur commande – à
sélectionner les faits au bénéfice de certains et au détriment des
autres, cette liberté est dévoyée.

Prenons le cas de l'ALBA. Une recherche rapide suffit pour comprendre
que la proposition de L'Avenir en commun, le programme de la France
Insoumise, ne vise rien de plus qu'à mieux intégrer dans leur
environnement régional les territoires français d'Amérique du Sud et des
Caraïbes, et n'a rien d'une alliance militaire. À ce propos, est-ce
l'entre-soi des rédactions et la connivence avec les candidats du statu
quo qui fait ignorer à ces spécialistes improvisés de l'Amérique du Sud
que l'Union européenne négocie un accord avec la zone de libre-échange
MERCOSUR (Marché commun du Sud)? Ou que la France est déjà membre de
l'Association des États de la Caraïbe où figurent Cuba et le Vénézuéla ?

Les mêmes biais affectent les autres points d'accusation en cette fin de
campagne. Nous rappelle-t-on que, ministre de l'éducation nationale,
Benoît Hamon a participé en 2012 à la signature de plusieurs accords
avec le Vénézuéla? Que, ministre de l'économie, Emmanuel Macron a signé
des accords avec la République islamique d'Iran? Certains de ces accords
n'ont rien d'étonnant: tout dirigeant censé, soucieux des intérêts de
son pays, est conduit à tisser des relations de coopération et d'échange
– économiques, scientifiques ou culturels – mutuellement profitables
avec les pays les plus divers, y compris ceux dont le type de régime ou
le profil des dirigeants ne correspondent pas à ses
convictions. D'autres sont critiquables parce qu'ils portent atteinte
aux intérêts ou à la souveraineté de notre pays; François Fillon a ainsi
raison de dénoncer l'accord fiscal avec le Qatar; mais où sont les
journalistes pour rappeler que cet accord a été signé sous... son propre
gouvernement? Enfin, certains accords apparaissent criminels: ainsi,
comment qualifier les ventes d'armes à l'Arabie Saoudite, fer-de-lance
au Yémen d'une guerre responsable de la mort de dizaines de milliers de
civils – ventes soutenues par le ministre Emmanuel Macron? Il est
inconcevable que ceux qui, aux affaires, signent des contrats avec
n'importe qui pour vendre n'importe quoi s'autorisent ensuite à donner
sans rire des leçons de moralité.

Si les éditorialistes étaient conduits par le strict souci de
l'information, rien ne devrait les pousser à dénoncer les projets de
coopération pacifique envisagés par Jean-Luc Mélenchon dans telle ou
telle partie du monde. À l'inverse, ils seraient bien inspirés
d'interroger la pertinence d'une alliance militaire permanente avec les
États-Unis, à l'heure où Donald Trump multiplie des gestes belliqueux
irresponsables: bombardement unilatéral de la Syrie – qu'il confond en
interview avec l'Irak –, larguage de la "mère de toutes les bombes" en
Afghanistan, provocations militaires envers la Corée du Nord. Pourtant,
lorsque Jean-Luc Mélenchon annonce sa volonté de sortir la France de
l'OTAN, les médias de masse crient unanimement au scandale. Ils sont
bien peu nombreux à rappeler que le général de Gaulle, que nul ne peut
soupçonner d'angélisme en matière militaire, se méfiait de cette
organisation au point d'en quitter le commandement intégré; moins
nombreux encore à souligner qu'avec la disparition du bloc soviétique,
cette alliance automatique n'a plus de sens. Donnant l'image d'un
Occident ligué contre le reste du monde, risquant de relancer la course
aux armements et d'entraîner notre pays dans des aventures militaires où
il n'a rien à gagner, elle est désormais plus dangereuse que
protectrice.

Que les électeurs se rassurent. Jean-Luc Mélenchon n'est l'ami d'aucun
dictateur et n'alignera la France sur personne. Ceux qui, le comparant à
Marine Le Pen, cherchent à le convaincre de "fascination" pour Vladimir
Poutine omettent ainsi de souligner que contrairement à d'autres
candidats, il n'a jamais cherché à se faire adouber par le dirigeant
d'une nation étrangère – pas plus par Vladimir Poutine que par Angela
Merkel ou par Donald Trump. Il entend simplement lui rendre son
indépendance et en finir avec un occidentalisme et un atlantisme
inadaptés à un pays dont le territoire est présent sur les cinq
continents. Rompant avec le mélange de moralisme, d'affairisme et de
militarisme qui dicte actuellement une politique extérieure erratique,
Jean-Luc Mélenchon souhaite adopter une ligne de conduite censée qui
consiste à contracter accords et alliances au cas par cas, en fonction
de leur intérêt pour la France et de leurs conséquences sur la sécurité
internationale. Il veut être un président de la paix, et la paix exige
une diplomatie construite sur la réflexion et menée avec sang-froid et
discernement, loin des émotions du moment.

http://tinyurl.com/lgteoh6
--
Mr H.
=====
[...] perfectionne ta physique et tu comprendras mieux la Nature, épure ta Raison, bannis tes préjugés et tu n'auras plus besoin de ton dieu.
-+- Marquis de Sade, Dialogue entre un prêtre et un moribond -+-
Thierry M.
2017-04-21 11:35:15 UTC
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Raw Message
Post by Mr H.⁣
La popularité de Jean-Luc Mélenchon affole l'oligarchie et ses
éditorialistes, qui sortent l'artillerie lourde. Le candidat de la
France Insoumise serait "l'ami des dictateurs"
castro il est démocrate
et le venezuela ne fait pas tirer dans la foule sur une opposition
majoritaire au parlement

tout ça c'est que des méchancetés pas vraies

c'est même bisounours qui me l'a dit, alors
Post by Mr H.⁣
Prenons le cas de l'ALBA. une recherche rapide
oui très rapide
--
Thierry
La gauche est une salle d'attente pour le fascisme
Léo Ferré
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