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Tiens, c'est marrant, les Grecs aussi enculent les Palestiniens !
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Cardinal de Hère
2017-11-11 13:44:07 UTC
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Enfin marrant, façon idiote de parler ! Les Palestiniens de religion
orthodoxe sont en train de se faire entroufigner par ces salopards de
popes grecs qui trustent tous les postes au sein de l'église orthodoxe
de Palestine. Et en plus ces salopards de popes vendent les terres de
l'église orthodoxes aux juifs et pour une bouchée de pain.

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article9201

L’occupation grecque
Par Israël Adam Shamir

Théodophilos III, le pape de Jérusalem, l’un des cinq papes d’origine,
Sa Béatitude le patriarche de la sainte église orthodoxe grecque de
Jérusalem et de la Terre sainte, car tel est son titre habituel, ose à
peine se rendre dans les églises de nos jours. Chaque fois qu’il arrive,
ses brebis l’attendent au dehors et l’empêchent d’entrer. La semaine
dernière, la police juive l’a aidé à pénétrer dans une église de
village, tandis que des centaines de croyants se pressaient pour le
conspuer à grands cris. Il y a un plan pour l’empêcher de pénétrer à
Noël prochain dans la Basilique de la Nativité.

Il faut se souvenir que son prédécesseur Irineos avait été déposé par
les évêques douze ans plus tôt, et que depuis lors il vit dans une
cellule solitaire dans le monastère, car il refuse de sortir de ses
murs. Il sait que s’il s’en va, il ne sera pas autorisé à revenir.
Considérant ses souffrances, l’actuel patriarche n’est pas porté à la
complaisance.

Le bas clergé et les laïcs, les Palestiniens chrétiens de la Terre
sainte, sont très ennuyés avec ce patriarche et avec la tournure que
prend la direction de l’Eglise. Le patriarche est en train de vendre des
terres de l’Eglise à des prix de braderie ; les terres de Césarée,
propriété de l’Eglise, ont été cédées par lui pour un prix plus bas que
celui d’une seule des maisons de cet immense espace. Bientôt l’Eglise va
se retrouver dépouillée, et la communauté chrétienne de Palestine
établie par le Christ lui-même va disparaître, disent les ecclésiastiques.

Mais l’argent n’est pas tout. Le patriarche ne permet pas aux
Palestiniens de s’élever au sein de l’Eglise ; un seul Palestinien, Sa
Béatitude Theodosius Atallah Hanna, archevêque de Sébaste, a été ordonné
il y a des années mais même lui n’a pas été autorisé à participer aux
décisions de l’Eglise, il est tenu à l’écart du Synode, qui est l’organe
directeur de l’Eglise, à l’écart de la Fraternité du Saint Sépulcre, il
n’a même pas une église à lui, il n’a pas de salaire, c’est le seul
archevêque qui soit ainsi maltraité. Tout cela parce qu’il n’est pas de
sang grec.

Dans l’Eglise orthodoxe, seuls les moines peuvent prétendre devenir
évêques, tandis que les simples prêtres paroissiaux peuvent se marier,
ce qu’ils font en général. Le patriarche n’autorise pas les moines
palestiniens qui ont fait leurs études de théologie en Grèce à retourner
en Terre sainte, afin qu’ils ne puissent pas prétendre à la chasuble
épiscopale dans son Eglise. Il y a maintenant 24 moines palestiniens
dans des monastères en Grèce ; tous ont demandé à être nommés sur leur
terre natale, et cela leur a été refusé à tous.

« Si vous voulez vous installer en Palestine, renoncez à vos rites
monastiques et mariez-vous. Autrement, restez au loin », leur a répondu
le Patriarche. Tous les évêques de l’Eglise de Jérusalem sont des Grecs
ethniques ; et ils sont bien décidés à prolonger éternellement cette
occupation.

Tandis que les juifs tiennent les Palestiniens à l’écart des décisions
politiques (même les Israéliens de gauche n’autorisent jamais des partis
palestiniens à rejoindre le gouvernement) les Grecs tiennent les
Palestiniens, descendants des Apôtres, à l’écart pour ce qui est de
contrôler l’Eglise. Tout le monde est au courant de l’occupation juive
en Palestine, c’est fréquemment l’objet de débats à l’Onu, les
présidents en jouent tandis que les militants la combattent, mais
l’occupation grecque de l’Eglise de Jérusalem n’est jamais mentionnée en
bonne compagnie.

Bien des Grecs excellents soutiennent la lutte contre l’occupation, et
prennent la mer pour briser le blocus de Gaza. C’est sûrement très bien,
mais ce serait encore mieux s’ils prenaient position contre l’occupation
grecque.

L’Eglise grecque, c’est-à-dire l’Eglise orthodoxe de Grèce, connaît
parfaitement cette histoire honteuse. Leurs évêques se rendent en Terre
sainte et rencontrent les chrétiens palestiniens. Mais ils n’osent pas
affronter la hiérarchie de l’Eglise de Jérusalem et, sous la direction
de l’actuel patriarche, ils considèrent les Palestiniens comme leur
propre vache à lait, à traire à souhait.

Les résultats sont épouvantables. Palestine et Israël n’ont pas de
services publics pour tous les citoyens, mais chaque communauté prend
soin des siens. Les musulmans s’occupent des musulmans, les juifs des
juifs, les catholiques et les protestants de leurs propres fidèles,
construisent et dirigent des écoles, organisent des activités, depuis la
vente d’huile d’olive jusqu’à la production de bière. Seuls les
chrétiens orthodoxes de Palestine, la communauté la plus ancienne et la
plus fournie, n’ont rien du tout. Leur nombre fond d’année en année.
Evidemment, on peut à raison blâmer les juifs de n’en pas faire assez,
mais il serait honnête de souligner la part de responsabilité des
dirigeants de l’Eglise orthodoxe. Ils n’en ont rien à faire de leurs
brebis locales, c’est tout. Ce ne sont pas les pasteurs de leurs troupeaux.

Ils ne bâtissent pas d’églises. Il y a beaucoup de grandes villes
israéliennes, Beer Sheba, Afula, Eilat, Tel Aviv même a des milliers de
chrétiens orthodoxes (des juifs baptisés ou des immigrants) mais pas une
seule église n’a été fondée. Les Russes ont proposé de construire les
églises pour l’Eglise de Jérusalem, mais le patriarche n’est pas
intéressé. Tout ce qui l’intéresse, ce sont les vieilles églises
rentables parce que les pèlerins et les touristes grecs et russes s’y
précipitent.

Les dirigeants de l’Eglise de Jérusalem, les évêques grecs qui refusent
d’accepter les Palestiniens comme leurs égaux, pratiquent un racisme
ecclésiastique, ou « ethnophylétisme », comme on dit. L’église orthodoxe
a condamné cette pratique comme hérétique lors du synode de 1872 à
Constantinople. Dans les faits, cette condamnation n’a rien changé du
tout en Palestine.

La Terre sainte est le seul lieu au monde où les hiérarques sont
invariablement des Grecs, et jamais des autochtones. Partout ailleurs,
les Eglises orthodoxes s’appuient sur la tradition locale, s’expriment
en langue vernaculaire, et sont administrées par des évêques locaux.
L’Eglise orthodoxe russe a des laïcs russes et des évêques russes, en
Grèce l’Eglise grecque a ses équipes de laïcs grecs et ses évêques
grecs, l’Eglise d’Antioche a des laïcs et des évêques syriens arabes,
mais l’Eglise de Jérusalem, elle, qui a des laïcs et des prêtres
paroissiaux palestiniens, n’a que des évêques grecs.

Les origines du problème remontent à l’an 1534, lorsqu’après la conquête
ottomane un moine grec, Germanos, se retrouva installé au poste de
patriarche de Jérusalem par décision de la Sublime Porte, autrement dit
de l’Empire ottoman. Il ne nomma que des évêques grecs, et depuis lors
les Grecs ont gardé le monopole du pouvoir ecclésiastique. Ils ont
collaboré avec les Turcs, avec les Britanniques, et maintenant avec les
Juifs, parce qu’ils n’ont pas de base indépendante sur qui compter, mais
ils doivent leur existence à leur reconnaissance d’un pouvoir étranger
supérieur sur le terrain.

Grecs, Juifs et Arméniens constituaient trois communautés d’élite sous
l’empire ; ils fournissaient le gros des couches cultivées, les uns
accaparant le commerce (les Juifs), les autres l’administration (les
Grecs) et l’artisanat (les Arméniens), tandis que les Turcs se
contentaient d’être soldats et paysans. Les trois nations ont un modus
operandi similaire : étroitement liés entre eux, agissant dans une
perspective tribale, s’excluant réciproquement et se faisant
concurrence. Si l’on veut comprendre l’origine de la domination juive
aux US et ailleurs, il est bon de considérer comment ces trois groupes
fonctionnaient dans la Turquie impériale. Et il n’y avait guère lieu de
choisir entre les Juifs et les Grecs.

Les Grecs ethniques avaient confisqué la gestion des Eglises de tout
l’empire, c’est-à-dire les Eglises de Constantinople, Antioche,
Jérusalem et Alexandrie. Aucun Arabe ethnique, aucun Turc ou Copte ne
pouvait devenir évêque. Le résultat était parfait pour les Grecs mais
tragique pour l’Eglise ; les laïcs votaient avec leurs pieds et
quittaient l’Eglise pour l’Islam ou, dans une moindre mesure, pour des
Eglises hors d’atteinte des Grecs, parmi lesquelles l’Eglise catholique
romaine, l’Eglise syriaque et d’autres encore plus exotiques. Et le
racisme ecclésiastique grec a tué, ou du moins miné la chrétienté native
du Moyen Orient, celle du Christ et de ses apôtres.

De fait, les Coptes d’Egypte ont rompu avec l’Eglise d’Alexandrie,
dominée par les Grecs, et ont fondé leur propre Eglise copte orthodoxe
d’Alexandrie, rompant la communion avec d’autres Eglises orthodoxies,
tandis que l’Eglise grecque orthodoxe d’Alexandrie fondait et devenait
l’ombre d’elle-même.

C’est le contraire qui s’est produit en Syrie, où, à la fin du XIX°
siècle, les Arabes locaux ont traîné leurs évêques grecs jusqu’aux ports
puis les ont embarqués pour la Grèce. Ils ont élu des évêques arabes et
un patriarche arabe, tout en restant en communion avec d’autres Eglises
orthodoxes. Leur Eglise d’Antioche a été florissante jusqu’à l’entrée en
scène de Daech, mais on peut espérer qu’elle regagne le terrain perdu
dans la mesure où leurs frères orthodoxes russes les ont aidés à battre
les djihadistes.

Les sièges de Constantinople et de Jérusalem sont restés aux mains des
Grecs ethniques, avec dans les deux cas des conséquences regrettables. A
Constantinople, les Grecs ont rejeté la proposition d’Ata Turk de
devenir l’Eglise orthodoxe turque, alors que cela leur aurait rendu
beaucoup d’églises, y compris la grande Sainte Sophie, et cela aurait
probablement évité aux Grecs les confiscations et expulsions tragiques
des années 1920. L’Eglise de Constantinople est devenue un spectre
dominé par la CIA, et cela dure jusqu’à aujourd’hui.

Jérusalem et la Terre sainte étaient trop importants pour la chrétienté,
elles ne pouvaient pas rester des phénomènes locaux. Les Russes ont
soutenu la restitution de leur Eglise aux autochtones, mais avec
prudence, parce qu’ils chérissaient par-dessus tout leur unité en
communion avec d’autres Eglises orthodoxes. Les Juifs s’en sont mêlés,
certes. Et c’est ainsi que l’Eglise de Jérusalem est restée entre les
mains de Grecs ethniques, et que de plus en plus de Palestiniens
orthodoxes se sont convertis, devenant catholiques ou d’obédience
protestante.

Aujourd’hui, après avoir été majoritaires au XIX° siècle, et alors
qu’ils constituaient le tiers de toute la population palestinienne au
temps du mandat britannique, les orthodoxes ne comptent guère plus de 30
000 membres, au sein de l’Eglise chrétienne.

Et voilà que maintenant, les Grecs à la tête de l’Eglise ont décidé de
faire de leur vache à lait une bête à viande, et ils ont commencé à la
saigner, en vendant ses biens aux Juifs.[1]

En témoigne l’histoire abondamment reprise de deux hôtels à la Porte de
Jaffa à Jérusalem, jadis les excellents New Imperial Hotel et Petra.
Tous les deux sont maintenant en pleine décrépitude, mais ils restent
les mieux situés à Jérusalem. Ils ont été vendus par le patriarche
précédent, Irineos, pour trois fois rien. Haaretz a révélé que les
acheteurs avaient payé vingt fois moins cher que le prix du marché. Et
qui étaient les acquéreurs ? Une organisation extrémiste juive, Ateret
Cohanim, dont l’objectif est de reconstruire le Troisième Temple juif
sur les ruines de la mosquée Al Aqsa ; en attendant, ils sont en train
de faire le nettoyage ethnique de Jérusalem pour y installer des juifs à
demeure.

Theophilos III, le patriarche actuel, a solennellement promis de faire
annuler la vente. Certes il a saisi le tribunal d’instance (juif) du
district de Jérusalem en demandant l’annulation du contrat parce qu’il
avait été conclu frauduleusement pour un prix trop bas et des dessous de
table. Mais le tribunal a statué : rien à faire. Pour ma part j’étais
indigné de cette criante injustice juive, mais il s’est avéré que les
turpitudes n’étaient nullement le fait des juifs…

J’ai rencontré un Palestinien chrétien, membre important du Conseil
central orthodoxe en Israël, Alif Sabbagh du village d’Al Buqaia (ou
Pekiin) en Galilée ; c’est une personne qui a consacré sa vie à la
conservation des documents concernant les terres de l’église et les
actes diligentés par le patriarcat. Il possède des archives complètes de
tous les accords signés ces dernières années. Il m’a dit qu’il n’avait
pas eu le choix ; le patriarche Théophilos a refusé de lui fournir les
preuves de la fraude invoquée, et il a passé un accord secret avec les
colons juifs.

Selon la loi israélienne, il y a deux instances d’appel. Au premier
niveau, le plaignant expose sa requête, et au deuxième niveau, il
apporte les preuves justifiant sa requête. Le patriarche a bien formulé
une première requête, mais a refusé de fournir les preuves à l’appui. La
juge juive a dit qu’elle ne pouvait pas satisfaire à une requête sans
les documents probants.

Et ce n’est pas que le patriarche n’ait pas pu les fournir. L’homme qui
est au cœur du problème, Nikolas Papadimas, ancien trésorier de
l’Eglise, celui qui est censé avoir signé les contrats sans en informer
Irineos, avait quitté le pays et il était recherché par Interpol, car il
fait l’objet de poursuites pour des millions de dollars volés au
patriarcat ; or il est revenu à Athènes et il a demandé à témoigner
devant la cour. Son témoignage pulvériserait les revendications juives,
et on comprend pourquoi les colons juifs ont fait objection à ce que son
témoignage soit auditionné. Mais c’est que le patriarche grec Théophilos
aussi a fait objection à l’intervention de Papadimas, et la juge juive
ne pouvait objectivement rien faire, même si elle l’avait voulu.

Au même moment, le patriarche vendait les terres de l’Eglise à Jérusalem
Ouest, d’énormes lopins valant for cher, incluant le lot sur lequel est
construit le Parlement, à de sociétés offshore mystérieuses, et pour des
clopinettes. De fait, le vrai paiement sonnant et trébuchant est tombé
dans son escarcelle personnelle, un compte à son nom dans un paradis
fiscal, selon Alif Sabbagh. En réponse, la Knesset, le Parlement juif, a
commencé à examiner le projet d’expropriation de Rachel Azaria,
concernant des terrains ecclésiastiques vendus à des tiers depuis 2010.

Le patriarche Theophilos a fait appel à la solidarité chrétienne, et les
Eglises occidentales ont répondu en critiquant le projet de décret. Mais
leur position se basait sur l’exposé mystificateur du patriarche, qui
soulignait que le décret exproprierait des terres de l’Eglise. Mais je
l’ai lu, ce décret, et ce n’est pas vrai : le décret rend la vente de
terres de l’Eglise à des tiers pratiquement impossible. Après que le
décret aura été validé, le Patriarche aura le choix : vendre les terres
à l’Etat juif ou ne rien vendre du tout. Ceci lui coupe évidemment
l’herbe sous les pieds, il ne pourra plus empocher de pots-de-vin, et
cela ne fait pas vraiment de tort à l’Eglise.

Les Palestiniens chrétiens constituent une communauté prospère et
florissante. Ils sont plus éduqués que les Juifs, ils sont à leur place,
chez eux, enracinés dans le sol palestinien. Ils ont été et ils restent
actifs dans la bataille pour la Palestine, ils sont souvent à la tête de
la résistance malgré leur nombre réduit. Les noms qui viennent à
l’esprit sont ceux de Georges Habache, le dirigeant chrétien du Front
Populaire FPLP, et celui d’Emile Habibi, le grand écrivain palestinien.
Ils sont en bons termes avec les musulmans palestiniens, et ils
aimeraient le rester avec les juifs aussi. On trouve une assez bonne
notice sur Wikipedia (en anglais) à leur sujet, car même si elle est
biaisée comme d’habitude, l’historique des discussions rétablit
l’équilibre. On remarque tout de suite l’omniprésence des opérateurs
sionistes bien connus (Jayig etc) mais le message passe et cela permet
de comprendre le sujet, ce qui est particulièrement difficile dans les
articles relatifs à la Palestine sur Wikipedia.

Leur dirigeant spirituel c’est l’archevêque relativement jeune
Theodosius Atallah Hanna, travailleur acharné, qui, par une coïncidence
troublante, se trouve porter le même nom (Atallah) que le dernier
patriarche palestinien avant la confiscation du titre par les Grecs. Il
est très actif, il rencontre des délégations tous les jours et publie
habituellement des compte-rendu sur sa page Facebook ou sur son autre
page ; et son message est le suivant : “Les Palestiniens chrétiens ne
sont pas une minorité en Palestine ; il n’y a pas de minorités en
Palestine, mais des gens qui se battent pour la liberté ».

Il est également populaire chez les musulmans. Lors de la récente
confrontation autour de la Mosquée Al Aqsa, il s’est rendu sur
l’esplanade en solidarité avec le mufti de Jérusalem, qui est son ami
personnel. C’est un bon ami des juifs orthodoxes de Neturei Karta, j’en
ai été témoin en lui faisant compagnie lors d’une visite de
condoléances. Il tente d’être ami aussi avec les juifs, car il reconnaît
qu’ils ne sont pas près de quitter sa Palestine chérie. Et
naturellement, il n’a pas la moindre animosité envers les Grecs, parce
qu’il a fait ses études en Grèce, qu’il parle le grec couramment, qu’il
se rend souvent en Grèce et qu’il reconnaît l’importance de la culture
grecque pour les Palestiniens chrétiens.

Il ferait un nouveau patriarche parfait, qui mettrait fin à la discorde,
et amènerait la paix et l’unité dans la plus vieille Eglise chrétienne,
créée par le Christ lui-même. Les querelles de territoire
disparaîtraient, les Grecs s’engrèneraient tranquillement avec les
Palestiniens ; ils perdraient leur monopole mais préserveraient leur
position importante. Bref, ce serait un personnage idéal pour incarner
la décolonisation, qui permettrait non seulement aux Palestiniens natifs
mais aussi à d’autres chrétiens orthodoxes de Terre sainte, en
particulier aux ex-juifs russes baptisés et aux Russes ethniques,
d’intégrer pleinement l’Eglise, projet qui horrifie l’actuel Patriarche
Théophilos.

Il est d’ailleurs bien connu au Moyen Orient. Il s’est rendu en Syrie
récemment, a visité les monastères et églises orthodoxes, et a rencontré
le président Bachar al Assad qu’il admire pour sa défense des chrétiens
face au carnage djihadiste. La police israélienne tout comme les médias
israéliens l’ont attaqué, en réponse à sa visite chez « l’ennemi »,
alors qu’il ne faisait que remplir ses devoirs ecclésiastiques. Les
Russes l’aiment ainsi que les Juifs baptisés en Israël (il en baptise
souvent, ainsi que leurs enfants). C’est lui aussi qui nous a baptisés,
ma femme, mon fils et moi, et j’en suis éternellement reconnaissant à Sa
Béatitude.

Et pourtant, les militants palestiniens chrétiens qui mènent
actuellement leur intifada contre le patriarche en titre pensent que la
meilleure solution pour cette église tellement souffrante serait de se
passer de patriarche pendant quelques années. Ils m’ont dit qu’ils
préféreraient que l’Eglise soit gérée par un comité de trois évêques,
parmi lesquels l’archevêque Theodosius Atallah Hanna, pendant quelque
temps, ce qui donnerait à l’Eglise l’occasion d’établir de nouvelles
règles pour l’élection du patriarche, de façon à en finir avec la règle
héritée des Ottomans consistant à demander son consentement au souverain
(autrement dit au gouvernement israélien, à l’Autorité palestinienne et
au roi de Jordanie). Cette règle avait ouvert l’Eglise aux chantages. Le
gouvernement israélien refusait de donner son feu vert sauf si le
candidat promettait de donner certaines terres de l’Eglise aux juifs.
Les rebelles ont une idée qui va plus loin : il s’agirait de prendre des
décisions en matière d’économie (biens fonciers ou salaires) en toute
indépendance du patriarche. Que le patriarche gère les questions
spirituelles, les laïcs sont capables de s’occuper des problèmes
matériels, disent-ils.

Le patriarche attend la suite avec une certaine appréhension. Il
mobilise toutes les ressources de l’Eglise pour acheter ceux qui ont du
poids dans le cadre de l’Autorité palestinienne, auprès des princes
jordaniens et parmi les officiels israéliens. Les Palestiniens parlent
de vastes terrains promis au prince Ghazi bin Muhammad de Jordanie, pour
s’attirer en retour la loyauté de la maison royale jordanienne. Les
Israéliens ont d’ores et déjà reçu des cadeaux encore plus généreux, et
les officiels de l’Autorité palestinienne n’ont pas été oubliés non plus.

Les Russes pourraient peser sur l’issue de la querelle, mais ils n’ont
aucune envie d’interférer dans les affaires de cette Eglise sœur. En
privé, ils font état de leur sympathie pour la cause palestinienne, mais
ne veulent pas mettre en danger leurs rapports avec les patriarcats de
Jérusalem ni de Constantinople. Ceux-ci peuvent tristement riposter en
acceptant les exigences des évêques ukrainiens qui réclament une
reconnaissance, et en général ils causent plus de problèmes que de
juste, pour les Russes.

C’est pour cette raison qu’il est bien difficile de prédire comment la
bataille prendra fin, si le rusé patriarche sauvera sa position et la
domination grecque sur l’Eglise, en garantissant chaque fois plus de
terres aux gens qui sont au pouvoir, ou si cette intifada palestinienne
l’emportera au final, avec une Eglise indépendante de ses colons grecs.
Il est probable que la meilleure force capable de venir à bout
pacifiquement de la rivalité viendra de Grèce, du peuple grec, car il
est capable de comprendre le problème et de faire ce qu’il prêche aux
autres pouvoirs coloniaux, très précisément d’en finir avec la
colonisation et l’occupation. Faute de quoi, le sort de la plus ancienne
Eglise chrétienne au monde est incertain.

Israël Adam Shamir
8 novembre 2017

***

[1] Voir l’article de Claire Bastié « A Jérusalem la vente de biens de
l’Eglise grecque orthodoxe provoque de fortes tensions »

https://www.la-croix.com/Religion/Orthodoxie/A-Jerusalem-vente-biens-lEglise-grecque-orthodoxe-provoque-fortes-tensions-2017-09-12-1200876239

Voir également : "Les ventes des terrains de l’Eglise aux acheteurs
anonymes mettent les propriétaires sur la touche"

http://fr.timesofisrael.com/les-ventes-des-terrains-de-leglise-aux-acheteurs-anonymes-mettent-les-proprietaires-sur-la-touche/
"René Groumal
2017-11-11 17:13:48 UTC
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Enfin marrant, façon idiote de parler ! Les Palestiniens de religion
orthodoxe sont en train de se faire entroufigner par ces salopards de
popes grecs qui trustent tous les postes au sein de l'église orthodoxe
de Palestine. Et en plus ces salopards de popes vendent les terres de
l'église orthodoxes aux juifs et pour une bouchée de pain.
http://www.comite-valmy.org/spip.php?article9201
L’occupation grecque
Par Israël Adam Shamir
Théodophilos III, le pape de Jérusalem, l’un des cinq papes d’origine,
Sa Béatitude le patriarche de la sainte église orthodoxe grecque de
Jérusalem et de la Terre sainte, car tel est son titre habituel, ose à
peine se rendre dans les églises de nos jours. Chaque fois qu’il arrive,
ses brebis l’attendent au dehors et l’empêchent d’entrer. La semaine
dernière, la police juive l’a aidé à pénétrer dans une église de
village, tandis que des centaines de croyants se pressaient pour le
conspuer à grands cris. Il y a un plan pour l’empêcher de pénétrer à
Noël prochain dans la Basilique de la Nativité.
Il faut se souvenir que son prédécesseur Irineos avait été déposé par
les évêques douze ans plus tôt, et que depuis lors il vit dans une
cellule solitaire dans le monastère, car il refuse de sortir de ses
murs. Il sait que s’il s’en va, il ne sera pas autorisé à revenir.
Considérant ses souffrances, l’actuel patriarche n’est pas porté à la
complaisance.
Le bas clergé et les laïcs, les Palestiniens chrétiens de la Terre
sainte, sont très ennuyés avec ce patriarche et avec la tournure que
prend la direction de l’Eglise. Le patriarche est en train de vendre des
terres de l’Eglise à des prix de braderie ; les terres de Césarée,
propriété de l’Eglise, ont été cédées par lui pour un prix plus bas que
celui d’une seule des maisons de cet immense espace. Bientôt l’Eglise va
se retrouver dépouillée, et la communauté chrétienne de Palestine
établie par le Christ lui-même va disparaître, disent les ecclésiastiques.
Mais l’argent n’est pas tout. Le patriarche ne permet pas aux
Palestiniens de s’élever au sein de l’Eglise ; un seul Palestinien, Sa
Béatitude Theodosius Atallah Hanna, archevêque de Sébaste, a été ordonné
il y a des années mais même lui n’a pas été autorisé à participer aux
décisions de l’Eglise, il est tenu à l’écart du Synode, qui est l’organe
directeur de l’Eglise, à l’écart de la Fraternité du Saint Sépulcre, il
n’a même pas une église à lui, il n’a pas de salaire, c’est le seul
archevêque qui soit ainsi maltraité. Tout cela parce qu’il n’est pas de
sang grec.
Dans l’Eglise orthodoxe, seuls les moines peuvent prétendre devenir
évêques, tandis que les simples prêtres paroissiaux peuvent se marier,
ce qu’ils font en général. Le patriarche n’autorise pas les moines
palestiniens qui ont fait leurs études de théologie en Grèce à retourner
en Terre sainte, afin qu’ils ne puissent pas prétendre à la chasuble
épiscopale dans son Eglise. Il y a maintenant 24 moines palestiniens
dans des monastères en Grèce ; tous ont demandé à être nommés sur leur
terre natale, et cela leur a été refusé à tous.
« Si vous voulez vous installer en Palestine, renoncez à vos rites
monastiques et mariez-vous. Autrement, restez au loin », leur a répondu
le Patriarche. Tous les évêques de l’Eglise de Jérusalem sont des Grecs
ethniques ; et ils sont bien décidés à prolonger éternellement cette
occupation.
Tandis que les juifs tiennent les Palestiniens à l’écart des décisions
politiques (même les Israéliens de gauche n’autorisent jamais des partis
palestiniens à rejoindre le gouvernement) les Grecs tiennent les
Palestiniens, descendants des Apôtres, à l’écart pour ce qui est de
contrôler l’Eglise. Tout le monde est au courant de l’occupation juive
en Palestine, c’est fréquemment l’objet de débats à l’Onu, les
présidents en jouent tandis que les militants la combattent, mais
l’occupation grecque de l’Eglise de Jérusalem n’est jamais mentionnée en
bonne compagnie.
Bien des Grecs excellents soutiennent la lutte contre l’occupation, et
prennent la mer pour briser le blocus de Gaza. C’est sûrement très bien,
mais ce serait encore mieux s’ils prenaient position contre l’occupation
grecque.
L’Eglise grecque, c’est-à-dire l’Eglise orthodoxe de Grèce, connaît
parfaitement cette histoire honteuse. Leurs évêques se rendent en Terre
sainte et rencontrent les chrétiens palestiniens. Mais ils n’osent pas
affronter la hiérarchie de l’Eglise de Jérusalem et, sous la direction
de l’actuel patriarche, ils considèrent les Palestiniens comme leur
propre vache à lait, à traire à souhait.
Les résultats sont épouvantables. Palestine et Israël n’ont pas de
services publics pour tous les citoyens, mais chaque communauté prend
soin des siens. Les musulmans s’occupent des musulmans, les juifs des
juifs, les catholiques et les protestants de leurs propres fidèles,
construisent et dirigent des écoles, organisent des activités, depuis la
vente d’huile d’olive jusqu’à la production de bière. Seuls les
chrétiens orthodoxes de Palestine, la communauté la plus ancienne et la
plus fournie, n’ont rien du tout. Leur nombre fond d’année en année.
Evidemment, on peut à raison blâmer les juifs de n’en pas faire assez,
mais il serait honnête de souligner la part de responsabilité des
dirigeants de l’Eglise orthodoxe. Ils n’en ont rien à faire de leurs
brebis locales, c’est tout. Ce ne sont pas les pasteurs de leurs troupeaux.
Ils ne bâtissent pas d’églises. Il y a beaucoup de grandes villes
israéliennes, Beer Sheba, Afula, Eilat, Tel Aviv même a des milliers de
chrétiens orthodoxes (des juifs baptisés ou des immigrants) mais pas une
seule église n’a été fondée. Les Russes ont proposé de construire les
églises pour l’Eglise de Jérusalem, mais le patriarche n’est pas
intéressé. Tout ce qui l’intéresse, ce sont les vieilles églises
rentables parce que les pèlerins et les touristes grecs et russes s’y
précipitent.
Les dirigeants de l’Eglise de Jérusalem, les évêques grecs qui refusent
d’accepter les Palestiniens comme leurs égaux, pratiquent un racisme
ecclésiastique, ou « ethnophylétisme », comme on dit. L’église orthodoxe
a condamné cette pratique comme hérétique lors du synode de 1872 à
Constantinople. Dans les faits, cette condamnation n’a rien changé du
tout en Palestine.
La Terre sainte est le seul lieu au monde où les hiérarques sont
invariablement des Grecs, et jamais des autochtones. Partout ailleurs,
les Eglises orthodoxes s’appuient sur la tradition locale, s’expriment
en langue vernaculaire, et sont administrées par des évêques locaux.
L’Eglise orthodoxe russe a des laïcs russes et des évêques russes, en
Grèce l’Eglise grecque a ses équipes de laïcs grecs et ses évêques
grecs, l’Eglise d’Antioche a des laïcs et des évêques syriens arabes,
mais l’Eglise de Jérusalem, elle, qui a des laïcs et des prêtres
paroissiaux palestiniens, n’a que des évêques grecs.
Les origines du problème remontent à l’an 1534, lorsqu’après la conquête
ottomane un moine grec, Germanos, se retrouva installé au poste de
patriarche de Jérusalem par décision de la Sublime Porte, autrement dit
de l’Empire ottoman. Il ne nomma que des évêques grecs, et depuis lors
les Grecs ont gardé le monopole du pouvoir ecclésiastique. Ils ont
collaboré avec les Turcs, avec les Britanniques, et maintenant avec les
Juifs, parce qu’ils n’ont pas de base indépendante sur qui compter, mais
ils doivent leur existence à leur reconnaissance d’un pouvoir étranger
supérieur sur le terrain.
Grecs, Juifs et Arméniens constituaient trois communautés d’élite sous
l’empire ; ils fournissaient le gros des couches cultivées, les uns
accaparant le commerce (les Juifs), les autres l’administration (les
Grecs) et l’artisanat (les Arméniens), tandis que les Turcs se
contentaient d’être soldats et paysans. Les trois nations ont un modus
operandi similaire : étroitement liés entre eux, agissant dans une
perspective tribale, s’excluant réciproquement et se faisant
concurrence. Si l’on veut comprendre l’origine de la domination juive
aux US et ailleurs, il est bon de considérer comment ces trois groupes
fonctionnaient dans la Turquie impériale. Et il n’y avait guère lieu de
choisir entre les Juifs et les Grecs.
Les Grecs ethniques avaient confisqué la gestion des Eglises de tout
l’empire, c’est-à-dire les Eglises de Constantinople, Antioche,
Jérusalem et Alexandrie. Aucun Arabe ethnique, aucun Turc ou Copte ne
pouvait devenir évêque. Le résultat était parfait pour les Grecs mais
tragique pour l’Eglise ; les laïcs votaient avec leurs pieds et
quittaient l’Eglise pour l’Islam ou, dans une moindre mesure, pour des
Eglises hors d’atteinte des Grecs, parmi lesquelles l’Eglise catholique
romaine, l’Eglise syriaque et d’autres encore plus exotiques. Et le
racisme ecclésiastique grec a tué, ou du moins miné la chrétienté native
du Moyen Orient, celle du Christ et de ses apôtres.
De fait, les Coptes d’Egypte ont rompu avec l’Eglise d’Alexandrie,
dominée par les Grecs, et ont fondé leur propre Eglise copte orthodoxe
d’Alexandrie, rompant la communion avec d’autres Eglises orthodoxies,
tandis que l’Eglise grecque orthodoxe d’Alexandrie fondait et devenait
l’ombre d’elle-même.
C’est le contraire qui s’est produit en Syrie, où, à la fin du XIX°
siècle, les Arabes locaux ont traîné leurs évêques grecs jusqu’aux ports
puis les ont embarqués pour la Grèce. Ils ont élu des évêques arabes et
un patriarche arabe, tout en restant en communion avec d’autres Eglises
orthodoxes. Leur Eglise d’Antioche a été florissante jusqu’à l’entrée en
scène de Daech, mais on peut espérer qu’elle regagne le terrain perdu
dans la mesure où leurs frères orthodoxes russes les ont aidés à battre
les djihadistes.
Les sièges de Constantinople et de Jérusalem sont restés aux mains des
Grecs ethniques, avec dans les deux cas des conséquences regrettables. A
Constantinople, les Grecs ont rejeté la proposition d’Ata Turk de
devenir l’Eglise orthodoxe turque, alors que cela leur aurait rendu
beaucoup d’églises, y compris la grande Sainte Sophie, et cela aurait
probablement évité aux Grecs les confiscations et expulsions tragiques
des années 1920. L’Eglise de Constantinople est devenue un spectre
dominé par la CIA, et cela dure jusqu’à aujourd’hui.
Jérusalem et la Terre sainte étaient trop importants pour la chrétienté,
elles ne pouvaient pas rester des phénomènes locaux. Les Russes ont
soutenu la restitution de leur Eglise aux autochtones, mais avec
prudence, parce qu’ils chérissaient par-dessus tout leur unité en
communion avec d’autres Eglises orthodoxes. Les Juifs s’en sont mêlés,
certes. Et c’est ainsi que l’Eglise de Jérusalem est restée entre les
mains de Grecs ethniques, et que de plus en plus de Palestiniens
orthodoxes se sont convertis, devenant catholiques ou d’obédience
protestante.
Aujourd’hui, après avoir été majoritaires au XIX° siècle, et alors
qu’ils constituaient le tiers de toute la population palestinienne au
temps du mandat britannique, les orthodoxes ne comptent guère plus de 30
000 membres, au sein de l’Eglise chrétienne.
Et voilà que maintenant, les Grecs à la tête de l’Eglise ont décidé de
faire de leur vache à lait une bête à viande, et ils ont commencé à la
saigner, en vendant ses biens aux Juifs.[1]
En témoigne l’histoire abondamment reprise de deux hôtels à la Porte de
Jaffa à Jérusalem, jadis les excellents New Imperial Hotel et Petra.
Tous les deux sont maintenant en pleine décrépitude, mais ils restent
les mieux situés à Jérusalem. Ils ont été vendus par le patriarche
précédent, Irineos, pour trois fois rien. Haaretz a révélé que les
acheteurs avaient payé vingt fois moins cher que le prix du marché. Et
qui étaient les acquéreurs ? Une organisation extrémiste juive, Ateret
Cohanim, dont l’objectif est de reconstruire le Troisième Temple juif
sur les ruines de la mosquée Al Aqsa ; en attendant, ils sont en train
de faire le nettoyage ethnique de Jérusalem pour y installer des juifs à
demeure.
Theophilos III, le patriarche actuel, a solennellement promis de faire
annuler la vente. Certes il a saisi le tribunal d’instance (juif) du
district de Jérusalem en demandant l’annulation du contrat parce qu’il
avait été conclu frauduleusement pour un prix trop bas et des dessous de
table. Mais le tribunal a statué : rien à faire. Pour ma part j’étais
indigné de cette criante injustice juive, mais il s’est avéré que les
turpitudes n’étaient nullement le fait des juifs…
J’ai rencontré un Palestinien chrétien, membre important du Conseil
central orthodoxe en Israël, Alif Sabbagh du village d’Al Buqaia (ou
Pekiin) en Galilée ; c’est une personne qui a consacré sa vie à la
conservation des documents concernant les terres de l’église et les
actes diligentés par le patriarcat. Il possède des archives complètes de
tous les accords signés ces dernières années. Il m’a dit qu’il n’avait
pas eu le choix ; le patriarche Théophilos a refusé de lui fournir les
preuves de la fraude invoquée, et il a passé un accord secret avec les
colons juifs.
Selon la loi israélienne, il y a deux instances d’appel. Au premier
niveau, le plaignant expose sa requête, et au deuxième niveau, il
apporte les preuves justifiant sa requête. Le patriarche a bien formulé
une première requête, mais a refusé de fournir les preuves à l’appui. La
juge juive a dit qu’elle ne pouvait pas satisfaire à une requête sans
les documents probants.
Et ce n’est pas que le patriarche n’ait pas pu les fournir. L’homme qui
est au cœur du problème, Nikolas Papadimas, ancien trésorier de
l’Eglise, celui qui est censé avoir signé les contrats sans en informer
Irineos, avait quitté le pays et il était recherché par Interpol, car il
fait l’objet de poursuites pour des millions de dollars volés au
patriarcat ; or il est revenu à Athènes et il a demandé à témoigner
devant la cour. Son témoignage pulvériserait les revendications juives,
et on comprend pourquoi les colons juifs ont fait objection à ce que son
témoignage soit auditionné. Mais c’est que le patriarche grec Théophilos
aussi a fait objection à l’intervention de Papadimas, et la juge juive
ne pouvait objectivement rien faire, même si elle l’avait voulu.
Au même moment, le patriarche vendait les terres de l’Eglise à Jérusalem
Ouest, d’énormes lopins valant for cher, incluant le lot sur lequel est
construit le Parlement, à de sociétés offshore mystérieuses, et pour des
clopinettes. De fait, le vrai paiement sonnant et trébuchant est tombé
dans son escarcelle personnelle, un compte à son nom dans un paradis
fiscal, selon Alif Sabbagh. En réponse, la Knesset, le Parlement juif, a
commencé à examiner le projet d’expropriation de Rachel Azaria,
concernant des terrains ecclésiastiques vendus à des tiers depuis 2010.
Le patriarche Theophilos a fait appel à la solidarité chrétienne, et les
Eglises occidentales ont répondu en critiquant le projet de décret. Mais
leur position se basait sur l’exposé mystificateur du patriarche, qui
soulignait que le décret exproprierait des terres de l’Eglise. Mais je
l’ai lu, ce décret, et ce n’est pas vrai : le décret rend la vente de
terres de l’Eglise à des tiers pratiquement impossible. Après que le
décret aura été validé, le Patriarche aura le choix : vendre les terres
à l’Etat juif ou ne rien vendre du tout. Ceci lui coupe évidemment
l’herbe sous les pieds, il ne pourra plus empocher de pots-de-vin, et
cela ne fait pas vraiment de tort à l’Eglise.
Les Palestiniens chrétiens constituent une communauté prospère et
florissante. Ils sont plus éduqués que les Juifs, ils sont à leur place,
chez eux, enracinés dans le sol palestinien. Ils ont été et ils restent
actifs dans la bataille pour la Palestine, ils sont souvent à la tête de
la résistance malgré leur nombre réduit. Les noms qui viennent à
l’esprit sont ceux de Georges Habache, le dirigeant chrétien du Front
Populaire FPLP, et celui d’Emile Habibi, le grand écrivain palestinien.
Ils sont en bons termes avec les musulmans palestiniens, et ils
aimeraient le rester avec les juifs aussi. On trouve une assez bonne
notice sur Wikipedia (en anglais) à leur sujet, car même si elle est
biaisée comme d’habitude, l’historique des discussions rétablit
l’équilibre. On remarque tout de suite l’omniprésence des opérateurs
sionistes bien connus (Jayig etc) mais le message passe et cela permet
de comprendre le sujet, ce qui est particulièrement difficile dans les
articles relatifs à la Palestine sur Wikipedia.
Leur dirigeant spirituel c’est l’archevêque relativement jeune
Theodosius Atallah Hanna, travailleur acharné, qui, par une coïncidence
troublante, se trouve porter le même nom (Atallah) que le dernier
patriarche palestinien avant la confiscation du titre par les Grecs. Il
est très actif, il rencontre des délégations tous les jours et publie
habituellement des compte-rendu sur sa page Facebook ou sur son autre
page ; et son message est le suivant : “Les Palestiniens chrétiens ne
sont pas une minorité en Palestine ; il n’y a pas de minorités en
Palestine, mais des gens qui se battent pour la liberté ».
Il est également populaire chez les musulmans. Lors de la récente
confrontation autour de la Mosquée Al Aqsa, il s’est rendu sur
l’esplanade en solidarité avec le mufti de Jérusalem, qui est son ami
personnel. C’est un bon ami des juifs orthodoxes de Neturei Karta, j’en
ai été témoin en lui faisant compagnie lors d’une visite de
condoléances. Il tente d’être ami aussi avec les juifs, car il reconnaît
qu’ils ne sont pas près de quitter sa Palestine chérie. Et
naturellement, il n’a pas la moindre animosité envers les Grecs, parce
qu’il a fait ses études en Grèce, qu’il parle le grec couramment, qu’il
se rend souvent en Grèce et qu’il reconnaît l’importance de la culture
grecque pour les Palestiniens chrétiens.
Il ferait un nouveau patriarche parfait, qui mettrait fin à la discorde,
et amènerait la paix et l’unité dans la plus vieille Eglise chrétienne,
créée par le Christ lui-même. Les querelles de territoire
disparaîtraient, les Grecs s’engrèneraient tranquillement avec les
Palestiniens ; ils perdraient leur monopole mais préserveraient leur
position importante. Bref, ce serait un personnage idéal pour incarner
la décolonisation, qui permettrait non seulement aux Palestiniens natifs
mais aussi à d’autres chrétiens orthodoxes de Terre sainte, en
particulier aux ex-juifs russes baptisés et aux Russes ethniques,
d’intégrer pleinement l’Eglise, projet qui horrifie l’actuel Patriarche
Théophilos.
Il est d’ailleurs bien connu au Moyen Orient. Il s’est rendu en Syrie
récemment, a visité les monastères et églises orthodoxes, et a rencontré
le président Bachar al Assad qu’il admire pour sa défense des chrétiens
face au carnage djihadiste. La police israélienne tout comme les médias
israéliens l’ont attaqué, en réponse à sa visite chez « l’ennemi »,
alors qu’il ne faisait que remplir ses devoirs ecclésiastiques. Les
Russes l’aiment ainsi que les Juifs baptisés en Israël (il en baptise
souvent, ainsi que leurs enfants). C’est lui aussi qui nous a baptisés,
ma femme, mon fils et moi, et j’en suis éternellement reconnaissant à Sa
Béatitude.
Et pourtant, les militants palestiniens chrétiens qui mènent
actuellement leur intifada contre le patriarche en titre pensent que la
meilleure solution pour cette église tellement souffrante serait de se
passer de patriarche pendant quelques années. Ils m’ont dit qu’ils
préféreraient que l’Eglise soit gérée par un comité de trois évêques,
parmi lesquels l’archevêque Theodosius Atallah Hanna, pendant quelque
temps, ce qui donnerait à l’Eglise l’occasion d’établir de nouvelles
règles pour l’élection du patriarche, de façon à en finir avec la règle
héritée des Ottomans consistant à demander son consentement au souverain
(autrement dit au gouvernement israélien, à l’Autorité palestinienne et
au roi de Jordanie). Cette règle avait ouvert l’Eglise aux chantages. Le
gouvernement israélien refusait de donner son feu vert sauf si le
candidat promettait de donner certaines terres de l’Eglise aux juifs.
Les rebelles ont une idée qui va plus loin : il s’agirait de prendre des
décisions en matière d’économie (biens fonciers ou salaires) en toute
indépendance du patriarche. Que le patriarche gère les questions
spirituelles, les laïcs sont capables de s’occuper des problèmes
matériels, disent-ils.
Le patriarche attend la suite avec une certaine appréhension. Il
mobilise toutes les ressources de l’Eglise pour acheter ceux qui ont du
poids dans le cadre de l’Autorité palestinienne, auprès des princes
jordaniens et parmi les officiels israéliens. Les Palestiniens parlent
de vastes terrains promis au prince Ghazi bin Muhammad de Jordanie, pour
s’attirer en retour la loyauté de la maison royale jordanienne. Les
Israéliens ont d’ores et déjà reçu des cadeaux encore plus généreux, et
les officiels de l’Autorité palestinienne n’ont pas été oubliés non plus.
Les Russes pourraient peser sur l’issue de la querelle, mais ils n’ont
aucune envie d’interférer dans les affaires de cette Eglise sœur. En
privé, ils font état de leur sympathie pour la cause palestinienne, mais
ne veulent pas mettre en danger leurs rapports avec les patriarcats de
Jérusalem ni de Constantinople. Ceux-ci peuvent tristement riposter en
acceptant les exigences des évêques ukrainiens qui réclament une
reconnaissance, et en général ils causent plus de problèmes que de
juste, pour les Russes.
C’est pour cette raison qu’il est bien difficile de prédire comment la
bataille prendra fin, si le rusé patriarche sauvera sa position et la
domination grecque sur l’Eglise, en garantissant chaque fois plus de
terres aux gens qui sont au pouvoir, ou si cette intifada palestinienne
l’emportera au final, avec une Eglise indépendante de ses colons grecs.
Il est probable que la meilleure force capable de venir à bout
pacifiquement de la rivalité viendra de Grèce, du peuple grec, car il
est capable de comprendre le problème et de faire ce qu’il prêche aux
autres pouvoirs coloniaux, très précisément d’en finir avec la
colonisation et l’occupation. Faute de quoi, le sort de la plus ancienne
Eglise chrétienne au monde est incertain.
Israël Adam Shamir
8 novembre 2017
***
[1] Voir l’article de Claire Bastié « A Jérusalem la vente de biens de
l’Eglise grecque orthodoxe provoque de fortes tensions »
https://www.la-croix.com/Religion/Orthodoxie/A-Jerusalem-vente-biens-lEglise-grecque-orthodoxe-provoque-fortes-tensions-2017-09-12-1200876239
Voir également : "Les ventes des terrains de l’Eglise aux acheteurs
anonymes mettent les propriétaires sur la touche"
http://fr.timesofisrael.com/les-ventes-des-terrains-de-leglise-aux-acheteurs-anonymes-mettent-les-proprietaires-sur-la-touche/
Qui s’intéresse aux conneries des adeptes des mythologies
judéo-christiano-coraniques ?
--- > poubelle
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Un fanatique est réfractaire à toute réfutation par les faits et la
logique car il choisi de vivre dans la haine sans égard pour les faits
et la logique
Calamity Jade
2017-11-11 20:38:35 UTC
Réponse
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Raw Message
Post by "René Groumal
Qui s’intéresse aux conneries des adeptes des mythologies
judéo-christiano-coraniques ?
Les idiots qui recopient 405 lignes pour n'en répondre que deux?
--
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