Centrafrique: stabilisation russe contre chaos français
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Centrafrique: stabilisation russe contre chaos français
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Lolito
2018-08-10 08:05:40 UTC
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Les relations qu’entretiennent Moscou avec la Centrafrique ne sont pas
du goût de tout le monde. Alors que les échanges diplomatiques,
politiques économiques, ou militaires s’approfondissent entre Moscou et
Bangui, Paris enrage. La France estime en effet que la Centrafrique
fait partie de son «pré carré» et fait tout pour le conserver.

Après sa défaite en Syrie, l'Occident politique —et notamment l'Élysée-
digère très mal le retour de la Russie sur le continent africain. Un
continent que la Russie n'a non seulement jamais colonisé, mais a plus
qu'activement soutenu dans ses mouvements de décolonisation et de
libération nationale.

© AFP 2018 Florent Vergnes

En effet, Paris est furieux d'observer la formation d'une alliance
Moscou-Bangui, alors que l'Élysée considérait jusqu'à encore très
récemment la République centrafricaine comme partie intégrante de son
prétendu «pré-carré». Les choses ont évidemment radicalement changé
après l'arrivée de la Russie pour équiper, mais surtout former les
Forces armées centrafricaines (FACA), permettant aux deux pays de
passer à une nouvelle étape de leurs relations bilatérales. Des
relations fondées sur une base légitime, la Russie ayant été invitée
par les autorités légales du pays… Si certains dressent une parallèle
avec l'approche russe en Syrie, ils ont probablement raison.

Mais la Russie ne se limite pas et plus à la livraison d'équipements
militaires à Bangui, ni à la formation des forces armées nationales.
Les deux nations développent également leur coopération économique,
notamment après l'impulsion donnée par le Forum économique
international de Saint-Pétersbourg (SPIEF 2018) de mai dernier, auquel
avait d'ailleurs assisté le chef d'État centrafricain en qualité
d'invité spécial du président Poutine. Par ailleurs, Moscou apporte un
soutien humanitaire à Bangui avec la livraison aux populations
centrafricaines de plusieurs lots de médicaments et d'hôpitaux mobiles,
y compris dans les zones qui jusqu'à encore récemment étaient sous
contrôle de groupes armés.

Enfin, la Russie fait un énorme travail de médiation pour permettre une
réconciliation nationale et un retour à l'ordre constitutionnel sur
toute l'étendue du territoire centrafricain. Chose que la France n'a
jamais faite. Et ne fera pas.

© REUTERS / Baz Ratner/File Photo

Par contre, la France, à l'instar des élites occidentales en général,
tente par tous les moyens de mettre des bâtons dans les roues de cette
coopération russo-centrafricaine. Et ce, sur plusieurs fronts: en
livrant des armes aux groupes armés les plus radicaux, en mettant la
pression sur ces mêmes groupes pour qu'ils ne se joignent pas au
dialogue proposé par le président Faustin-Archange Touadéra. Et plus
généralement comme ce fut le cas depuis les siècles de sa politique
coloniale, en tentant de diviser par tous les moyens, pour toujours
mieux régner et… piller.

À ce titre, la France coordonne à l'heure actuelle une rencontre à
N'Djamena, la capitale tchadienne, entre plusieurs représentants des
groupes armés illégaux, pour faire pression sur le gouvernement
centrafricain et le forcer à redevenir docile, notamment en imposant un
départ à la Russie de la RCA tout en souhaitant limiter le mandat du
Président. D'ailleurs, des menaces ouvertes sont proférées par lesdits
groupes armés quant à une éventuelle opération armée contre les
autorités du pays. Le tout bien évidemment avec la «bénédiction» et la
participation active de Paris.

Sauf que le contexte a changé. Au-delà du fait, désormais bien connu,
que la Russie ne lâche pas ses alliés, les Centrafricains, à l'instar
de millions d'habitants d'autres pays d'Afrique, connaissent désormais
parfaitement le jeu mené par l'ex-puissance coloniale: on écoutera à
titre d'illustration le micro-trottoir réalisé dans les rues de Bangui
par Afrique Média, la grande chaîne panafricaine:

Les Centrafricains interrogés n'y mâchent pas leurs mots et expriment
très clairement leur préférence pour la Russie face à la France. Et
l'hystérie élyséenne est tout à fait compréhensible, sachant que ces
opinions sont loin, très loin, que de se limiter à la Centrafrique.
Chaque chose a une fin. La politique néocoloniale française, et
occidentale en général, en Afrique aura une fin elle aussi
--




François Guillet
2018-08-10 10:24:09 UTC
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Raw Message
Lolito a pensé très fort :
...
Post by Lolito
© AFP 2018 Florent Vergnes
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Post by Lolito
REUTERS
Si ça continue, Lolo va finir par prendre ses références au Figaro.
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